21 мая четверг
3 k МК и литература
Thème : ХХ
siècle
Le but :
apprendre les courants littéraires
du XX s
La
conférence :
Le devoir :
Posez
des questions d’après la conférence :
1.
20 questions pour la lilittérature d » avant-guerre
2.
20 questions pour la lilittérature du 2-eme moitié du XX s.
La littérature française du xxe siècle s'inscrit
dans un siècle tumultueux marqué par deux guerres mondiales, par l'expérience des
totalitarismes fascistes et communistes et par une décolonisation difficile. La
littérature verra aussi son statut évoluer sous l'effet des transformations
technologiques comme l'apparition et le développement des éditions de poche ou
la concurrence d'autres loisirs comme le cinéma, la télévision ou la pratique
informatique. On assistera parallèlement à une dilution progressive des
courants esthétiques et intellectuels après l'époque du surréalisme, de l'existentialisme et du Nouveau Roman.
Le xxe siècle commence dans
un esprit de liberté qu'évoque l'atmosphère des années 19001 : les artistes novateurs sont
nombreux dans le domaine de la peinture avec le fauvisme et le cubisme qui ouvre le chemin à
l'abstraction ou dans le domaine de la musique avec, en France, Erik Satie (1866-1925), Maurice Ravel (1875-1937) et plus
tard Pierre Boulez (1925-2016). C'est
aussi le moment où s'installe l'art du cinéma avec Méliès (qui ne deviendra
parlant qu'à partir de 1927) et où la modernité s'impose aussi dans le domaine
littéraire. La littérature française du xxe siècle va à
l'évidence être traversée par les coups et contrecoups de l'Histoire que nous
allons rappeler à grands traits.
Le xxe siècle est marqué
par une remise en question progressive des genres littéraires :
si la narration devient le genre de plus en plus dominant avec un roman polymorphe,
les frontières avec l'autobiographie se
troublent avec la mode de « l'autofiction »
des années 1980-2000, tout comme la poésie tend
à se confondre avec la chanson en
même temps que l'œuvre de théâtre est
remplacée par des mises en scène à partir de textes non spécifiques où le
metteur en scène l'emporte sur l'auteur dramatique.
Par
ailleurs la deuxième moitié du siècle est particulièrement marquée par les
expériences de "littérature de laboratoire" et le jeu intellectuel (nouveau roman – littérature potentielle),
mais aussi par le poids d'une littérature commerciale en forte concurrence avec
les traductions de l'américain (collections sentimentales – romans policiers –
romans de science-fiction –
chansons…) que retient peu l'histoire littéraire.
Rappelons
en outre que le manque de recul rend évidemment difficiles les catégorisations
et les échelles de valeur pour les créateurs contemporains. Il est de plus
illusoire de chercher l'exhaustivité et des choix ont été faits au bénéfice de
la plus grande notoriété des auteurs.
La poésie du xxe siècle[]
La
poésie française du xxe siècle
est à la fois héritière et novatrice dans ses thèmes comme dans sa forme avec
une nette prédilection pour le vers libre,
mais elle semble en déclin ou du moins déplacée dans le domaine plus incertain
de la chanson.
Les débuts du
siècle : symbolisme, décadentisme, poésie spirituelle
Les
débuts du siècle montrent une grande diversité avec les héritages du siècle
précédent, qu'il s'agisse de la continuité du mouvement symboliste et décadentiste avec Sully Prudhomme, Saint-Pol-Roux, Anna de Noailles et
certains aspects d’Apollinaire,
de la lignée de la cérébralité et du travail formel mallarméen avec Paul Valéry (Charmes, 1922), ou encore de la
libération des thèmes nouveaux comme l'humilité du quotidien avec Francis Jammes (Les
Géorgiques chrétiennes, 1912) ou Paul Fort (Ballades
françaises, 1922-1951) et l'ouverture au monde moderne avec Émile Verhaeren (Les
villes tentaculaires, 1895 – Toute la Flandre, 1904-1911) .
Dans
les mêmes années, des voix singulières se font entendre avec ceux qu'on a
appelé « les Poètes de Dieu » comme Charles Péguy avec
son inspiration patriotique et religieuse et la force d'une poésie simple (Jeanne
d’Arc, 1897 - Tapisserie d’Eve, 1913), ou Paul Claudel avec
sa quête spirituelle exprimée à travers l'ampleur du verset (Cinq
Grandes Odes, 1904 - 1908 - 1910)4 ou Marie Noël avec
la primauté de l'Amour, les élans patriotiques ou le poids de l'existence (Les
Chansons et les Heures 1922 - Les Chants de la
Merci 1934)
De "l'Esprit
nouveau" à la révolution surréaliste[
C'est aussi le temps des « découvreurs5 » comme Blaise Cendrars (Les Pâques à New York, 1912
- La Prose du Transsibérien, 1913), Guillaume Apollinaire (Alcools, 1913 - Calligrammes, 1918), Victor Segalen (Stèles, 1912), Max
Jacob (Le Cornet à dés, 1917), Saint-John Perse (Éloges, 1911 – Anabase,
1924, avec une œuvre prolongée dans la durée par exemple Amers en
1957) ou Pierre Reverdy (Plupart
du temps, 1945, regroupement des poèmes de 1915-1922) qui explorent
« l'Esprit nouveau » en recherchant la présence de la modernité et du
quotidien (la rue, le voyage, la technique) et l'éclatement de la forme
(disparition de la rime, de la ponctuation, du vers métré et audaces
stylistiques exploitant l'expressivité des images, les ressources du rythme et
des sonorités…) . Ils préfigurent des recherches plus systématisées comme celle
du dadaïsme de Tristan Tzara et après lui du surréalisme6 qui confie à la poésie l'exploration
de l'inconscient en
utilisant des dérèglements rimbaldiens et en bousculant les
« assis ». L'écriture automatique apparaît également dans un même objectif. Les poètes majeurs de cette
mouvance surréaliste sont André Breton, le théoricien du mouvement avec le Manifeste
du Surréalisme en 1924, Paul Éluard (Capitale de la douleur,
1926), Louis Aragon (Mouvement
perpétuel, 1926), Robert Desnos (Corps et biens, 1930), Philippe Soupault (Les Champs magnétiques, 1920, en collaboration avec André Breton) ou Benjamin Péret (Le grand jeu, 1928), auxquels
on peut associer des peintres comme Dali, Ernst, Magritte ou Miro.
Appropriations individuelles et dépassements
du surréalisme[]
Des dissidences apparaissent assez vite
dans le groupe en particulier à propos de l'adhésion au communisme, et les violences de l'Histoire comme l'Occupation de la France vont amener de nombreux poètes à renouveler leur
inspiration en participant à la Résistance et
à publier clandestinement des textes engagés. C'est le cas de Louis Aragon (Les Yeux d'Elsa, 1942 - La
Diane Française, 1944), de Paul Éluard (Poésie et vérité, 1942 – Au
rendez-vous allemand, 1944), de René Char (Feuillets d'Hypnos, 1946) ou
de René-Guy Cadou (Pleine
Poitrine, 1946) . Les poètes ne seront pas épargnés par l'extermination
nazie : Robert Desnos mourra
dans un camp allemand et Max
Jacob dans le camp de Drancy.
Cependant, des individualités produiront
des œuvres qui feront apparaître des approches différentes avec l'onirisme
touche à tout de Jean Cocteau (Plain-Chant, 1923), les
recherches d'expressivité d'Henri Michaux (Ailleurs,
1948), le jeu verbal repris par Jacques Prévert,
poète du quotidien et des opprimés (Paroles, 1946-1949) ou par Francis Ponge (Le parti-pris des choses,
1942) à la recherche d'une poésie en prose descriptive. Tous traduisent des
émotions et des sensations dans la célébration du monde avec Jules Supervielle (Oublieuse mémoire, 1948)
ou Yves Bonnefoy (Pierre
écrite, 1965), célébration renouvelée par des voix venues d'ailleurs comme
celle d'Aimé Césaire,
l'Antillais (Cahier d'un retour au pays natal, 1939 – 1960), de Léopold Sédar Senghor (Chants d’ombre, 1945) ou de Birago Diop (Leurres et lueurs, 1960) qui
chantent l'Afrique7.
Poésie et chanson[]
La diffusion de plus en plus massive des
disques va fortement participer à un genre nouveau, la poésie chantée qu'illustrent
dans les années 1950-1970 Boris Vian, Léo Ferré, Georges Brassens, Jacques Brel et Jean Ferrat. L'importance de leurs successeurs est
bien délicate à établir, avec des auditoires très variables et des effets de
modes comme le folk song,
le rap ou le slam…
La poésie contemporaine[]
Après guerre, le surréalisme s'essouffle en
tant que mouvement, même s'il influence fortement la production poétique de la
seconde moitié du siècle. Les poètes qui apparaissent alors sur la scène
poétique, tels Yves Bonnefoy, Jacques Dupin, Philippe Jaccottet,
ou encore André du Bouchet,
s'écartent des voies surréalistes pour privilégier une poésie en quête
d'authenticité, davantage méfiante à l'égard des artifices langagiers et
notamment de la métaphore.
Les années 1950 voient apparaître, dans la
lignée du Mouvement Lettriste d'Isidore Isou, la poésie sonore (Henri Duchamp et la
revue OU) et la poésie-action (Bernard Heidsieck). Ces poètes utilisent le magnétophone et
le support du disque vinyle pour publier une poésie fondée sur l'oralité voire
sur les sons.
Les années 1960 et 1970 voient également
apparaître une poésie plus expérimentale. C'est ainsi que l'OuLiPo (avec notamment Raymond Queneau) se propose d'écrire en s'imposant des
contraintes formelles pour stimuler la production poétique. C'est aussi la
période où se développe le littéralisme, pratiqué notamment par Emmanuel Hocquart ou Anne-Marie Albiach et
théorisé par Jean-Marie Gleize.
À la suite des poètes et écrivains
"beat" américains, apparaît, vers la fin des années 1960, un courant
qualifié de "nouveau réalisme poétique" (Jacques Donguy, numéro de
1975 de la revue Poésie). Ce courant est représenté par des auteurs comme
Claude Pélieu, Daniel Biga ou Alain Jégou.
Parallèlement, les années 1970 voient
apparaître le courant des "poètes électriques", avec Michel Bulteau,
Jacques Ferry, Mathieu Messagier. Le "manifeste électrique aux paupières
de jupes" est publié par les éditions du Soleil Noir en 1971.
Les années 1980 sont marquées par un
nouveau lyrisme, pratiqué par des poètes tels que Guy Goffette, Marie-Claire Bancquart, James Sacré ou
encore Jean-Michel Maulpoix8.
Le renouvellement du théâtre littéraire[]
La première moitié du xxe siècle
est en même temps un moment de renouvellement du théâtre littéraire avec les
compositions dramaturgiques totalisantes et foisonnantes de Paul Claudel marquées par la foi chrétienne, le
lyrisme et l'évocation historique (Le Soulier de satin, écrit en 1929
mais monté en 1943, d'une durée de cinq heures) . Un peu plus tard, c'est par
la reprise des mythes antiques10 que va s'exprimer le tragique de
l'homme et de l'histoire perçu avec acuité dans la montée des périls de
l'Entre-deux-guerres et qu'illustrent Jean Cocteau (Orphée, 1926 - La
Machine infernale, 1934), Jean Giraudoux (La Guerre de Troie n'aura pas
lieu, 1935 - Électre – 1937), Albert Camus (Caligula, écrit en 1939 mais
créé en 1945) et Jean-Paul Sartre (Les Mouches, 1943) . On peut
associer à cette approche certaines pièces d’Henry de Montherlant comme La Reine morte (1942) ou Le Maître de
Santiago (1947), nourries d'une méditation sur l'Histoire.
Cette interrogation sur la marche du monde
et l'influence de Brecht et de Pirandello vont déboucher sur des pièces plus
engagées politiquement et se nourrissant de réflexion philosophique sur
l'action, la révolution et la responsabilité individuelle ou sociale. En
témoignent les œuvres d'Albert Camus (L'État de siège, 1948, Les
Justes, 1949), de Jean-Paul Sartre (Les Mains sales, 1948) ou
de Jean Genet (Les
Bonnes, 1947) . L'existentialisme sartrien s'exprime aussi au théâtre
comme avec Huis clos, en 194511.
Le "théâtre de l'absurde"[]
Le reflux de l'idéologie communiste et la
complexité de la modernité vont trouver leur échos dans ce qu'on a appelé le
« Théâtre de l'absurde » qui, dans les années cinquante, reflète la perte des repères et la
défiance vis-à-vis du langage manipulateur. Les dramaturges, bien différents
cependant les uns des autres et autonomes, représentent le vide, l'attente et,
influencés par Antonin Artaud (Le Théâtre et son double, 1938), la vacuité du langage à travers des personnages dérisoires, à
l'existence absurde et aux échanges vides. Ce mélange du tragique métaphysique
et de l'humour dans la dérision et la déstructuration du langage et de la forme
théâtrale (pas de scènes, actes très longs, didascalies abondantes) se retrouve
chez Eugène Ionesco (La
cantatrice chauve, 1950 - Les Chaises - La Leçon -
1951) et plus encore chez Samuel Beckett (En attendant Godot, 1953
- Fin de partie, 1957)12.
Évolutions du roman
littéraire[]
Ce
genre très large voit la continuation du roman traditionnel mais aussi des
innovations et des remises en cause comme celles du statut du narrateur, de la
notion de personnage ou de l'intrigue, souvent éclatée et parfois rejetée. La
présentation à grands traits du roman du xxe siècle
(qu'il faudrait peut-être appeler « récit ») est évidemment une
gageure mais on peut définir quelques lignes de force en suivant l'avancée du
siècle14.
Accompagnant
la forme classique et les idées progressistes d'Anatole
France (L'Île des pingouins, 1908), des
romanciers écrivent de grands cycles romanesques constituant des fresques sociales
et historiques marquent l'époque, que ce soit Les Thibault (1922-1929)
de Roger Martin
du Gard, Les Hommes de Bonne
Volonté (1932-1946) de Jules Romains,
la Chronique des Pasquier (1933-1945) de Georges
Duhamel ou encore des œuvres plus
complexes comme Les Chemins de la liberté de Jean-Paul Sartre (1945)
et/ou Les Communistes (1949-1951) de Louis Aragon.
Parallèlement le roman va se nourrir des
différentes expériences de la vie de chacun en mettent au jour des itinéraires
singuliers, que ce soit à travers la guerre avec Henri Barbusse (Le
Feu, 1916) ou Roland
Dorgelès (Les Croix de bois, 1919), l’adolescence avec Alain-Fournier (Le
Grand Meaulnes, 1913), Romain Rolland (Jean-Christophe, 1903-1912) ou RaymondRadiguet (Le
Diable au corps, 1923), la condition féminine avec Colette et
la série des Claudine ou La Chatte (1933), la nature et le régionalisme avec Louis Pergaud (La
Guerre des boutons, 1912), Jean Giono (Colline, 1928 - Regain, 1930), Henri
Bosco (L'Âne Culotte, 1937) ou l’interrogation morale et métaphysique avec Georges Bernanos (Sous
le soleil de Satan, 1926), François
Mauriac (Thérèse
Desqueyroux, (1927), Marcel Jouhandeau (La
jeunesse de Théophile, 1921), Charles Plisnier ou Joseph Malègue (Augustin
ou le Maître est là).
Le roman
d'approfondissement psychologique initié
par Maurice Barrès ou Paul Bourget,
va trouver deux maîtres avec Marcel Proust et
son œuvre fondatrice sur la fonction du roman et le jeu de la mémoire (À la
recherche du temps perdu, 1913-1927),
et André Gide,
également poète (Les
Nourritures terrestres, 1895) et
autobiographe (Si le grain ne meurt, 1920-1924) qui met en scène l'acte gratuit
(Les caves du Vatican, 1914). Ce questionnement psychologique va
déboucher à la génération suivante sur le sentiment de l'absurde avec le
personnage de Meursault dans L'Étranger (1942) d'Albert Camus ou
le Roquentin de La Nausée (1938) existentialiste de Jean-Paul Sartre.
Des auteurs moins prestigieux peuvent leur être associés comme Valery
Larbaud (Fermina
Márquez, 1911) ou Paul Morand (L'Homme
pressé, 1940). Avec ses romans baroques et érotiques (Notre-Dame des
Fleurs, 1943), Jean Genet fait
pour sa part scandale en célébrant les mondes interlopes et l'homosexualité.
Le
poids des événements historiques va aussi orienter certains romanciers vers
l'engagement en
en exaltant les héros politiques et
guerriers comme André Malraux dans La Condition humaine (1933)
ou L'Espoir (1937), Antoine de Saint-Exupéry (auteur du conte mondialement célèbre Le Petit Prince,
publié en 1943) dans Vol de nuit (1931) ou Terre des
hommes (1939) ou Albert Camus dans La Peste (1947)
. À l'opposé apparaît le type du antihéros à la manière du Bardamu de Louis-Ferdinand Céline balloté par les événements et confronté au non-sens du monde
oppresseur des faibles sur tous les continents dans Voyage au bout de
la nuit (1932)15.
Ces orientations thématiques particulières
sont accompagnées d'un certain renouveau formel : Marcel Proust renouvelle la prose romanesque avec
sa phrase-rosace et cultive l'ambiguïté quant à l'auteur/narrateur16, Louis-Ferdinand Céline invente une langue oralisante et André Malraux applique le découpage
cinématographique. Avec d'autres perspectives, André Breton (Nadja,
1928 et L'Amour fou,
1937) et après lui Raymond Queneau (Pierrot mon ami, 1942 – Zazie
dans le métro, 1959), Boris Vian (L'écume des jours, 1947 - L'herbe rouge, 1950) et Julien Gracq (Le Rivage des Syrtes, 1951) introduisent une poétisation surréaliste. Pour sa part André Gide organise avec minutie une narration
complexe en multipliant les points de vue dans Les Faux-monnayeurs en 1925, alors que plus tard Albert Camus joue, sous l'influence du roman
américain, avec le monologue intérieur et le rejet de la focalisation
omnisciente dans L’Étranger (1942). Dans les années 1930 Jean Giono s'appuie sur la force des métaphores
créatrices dans Regain (1930) ou dans Le Chant du monde (1934) tandis que Francis Carco (L'homme traqué, 1922)
et Marcel Aymé (La
jument verte, 1933) ou plus tard Albert Simonin (Touchez pas au grisbi ! 1953)
exploitent la verdeur des parlers populaires17. Bien d'autres auteurs, plus méconnus,
participent à ce renouveau comme René Daumal et ses approches pataphysiques, Luc Dietrich avec le roman quête de soi proche de
l'autobiographie (L’Apprentissage
de la ville, 1942) ou encore Vladimir Pozner qui
fait exploser la narration et la fiction (Le Mors aux dents, 1937).
La recherche formelle devient systématique
avec le courant que l'on a appelé « le nouveau roman »18 des années cinquante aux Éditions de Minuit :
ces « romanciers de laboratoire » œuvrent à la disparition du
narrateur, du personnage, de l’intrigue, de la chronologie au bénéfice de la
subjectivité et du désordre de la vie, de la présence brute des choses avec
surtout Alain Robbe-Grillet (Les Gommes, 1953), Michel Butor (La modification, 1957), Claude Simon (La route des Flandres, 1960)
et Nathalie Sarraute (Le
Planétarium, 1959) qui se différencient19 alors nettement des romanciers
traditionnels comme Françoise Sagan (Bonjour
tristesse, 1954), Hervé Bazin (Vipère au poing, 1948), Henri Troyat (La lumière des justes,
1959/1963) ou Robert Sabatier (Les Allumettes suédoises,
1969) ou encore François Nourissier (Allemande, 1973) .
À côté de ces romans
« expérimentaux » ou de ces œuvres assez peu marquantes, les années
1960-80 offrent des auteurs de grande réputation avec des personnalités
littéraires affirmées et des œuvres originales et fortes. Par exemple Marguerite Yourcenar (Mémoires d'Hadrien, 1951 - L'Œuvre au noir,
1968), Marguerite Duras,
parfois rattachée à la mouvance du nouveau roman, (Moderato cantabile,
1958 - L'amant, 1984), Albert Cohen (Belle du seigneur,
1968), Michel Tournier (Vendredi
ou les limbes du Pacifique, 1967 - Le Roi des aulnes, 1970)
ou JMG Le Clézio (Le
procès-verbal, 1963 - Désert, 1980) .
Le roman populaire
(policier, historique, science-fiction, fantastique...)[
Le
siècle est également riche de la profusion des formes populaires issues
du xixe siècle
comme le roman policier peu
à peu influencé par le roman noir américain
avec Georges Simenon,
(Le Chien jaune, 1932), Boileau-Narcejac (Celle qui
n'était plus, 1952), Léo Malet (Nestor
Burma et le monstre, 1946), Jean Vautrin (Canicule,
1982), Jean-Patrick
Manchette ("Le Petit bleu de la
côte Ouest" 1976), Didier Daeninckx (La
mort n’oublie personne, 1989), Philippe Djian (Bleu
comme l'enfer, 1983), Jean-Christophe
Grangé (Les Rivières pourpres, 1998)… Le roman historique se
multiplie avec Maurice Druon (Les
Rois maudits, 1955-1977), Gilles Lapouge (La
bataille de Wagram, 1987), Robert Merle (Fortune
de France, 1977) ou Françoise
Chandernagor (La Chambre, 2002) .
Abondent aussi les récits de voyage et d'aventure (Henry de Monfreid - Les
Secrets de la mer Rouge, 1932) et les romans d'action et d'exotisme
avec Jean Lartéguy (Les
Centurions, 1963), Jean Hougron (La Nuit indochinoise, 1950/1958) ou
encore Louis Gardel (Fort-Saganne,
1980) . La science-fiction et
le fantastique produisent
également un nombre très important d'œuvres avec René Barjavel (La
Nuit des temps, 1968), Michel Jeury (Le Temps
incertain, 1973), Bernard
Werber (Les Fourmis,
1991)... qui ont cependant une certaine difficulté à concurrencer les œuvres
traduites.
L'écriture de soi[]
La
veine égocentrique est, elle aussi, très productive avec des formes plus ou
moins innovantes d'autobiographie avec Marcel Pagnol (La
Gloire de mon père, 1957), Marcel Jouhandeau (Essai
sur moi-même, 1947), Simone de
Beauvoir (Mémoires d'une jeune
fille rangée, 1958), Jean-Paul Sartre (Les
mots, 1964), Julien Green (Terre
lointaine, 1966), Nathalie Sarraute (Enfance,
1983), Georges Perec (W
ou le souvenir d'enfance, 1975), Marguerite Yourcenar (Archives
du Nord, 1977) ou Hervé Guibert (À
l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, 1990) et l'écriture de soi s'associe au
roman dans le genre assez vague de l'autofiction20 avec Patrick
Modiano (Rue des Boutiques
obscures, 1978), Annie Ernaux (La
Place, 1983), Jean Rouaud (Les
Champs d'honneur, 1990), Christine Angot (Sujet
Angot, 1998)…
Указания студентам: для контроля преподавателю отправить все
задание
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