вторник, 7 апреля 2020 г.

8 апреля КУЛЬТУРА РЕЧИ 4 к (analytique)


8 апреля КУЛЬТУРА    РЕЧИ    4 к (analytique)
Théme: l’amour et le crime
Le but: la reflexion sur le problème de la conscience humaine
Etude du texte:   Carmen     P Merimée
Je ne l'avais jamais vue si belle. Parée comme une madone, parfumée... des meubles de soie, des rideaux brodés... ah!... et moi fait comme un voleur, que j'étais. «Monchorrò! disait Carmen, j'ai envie de tout casser ici, de mettre le feu à la maison, et de m'enfuir à la sierra.» Et c'étaient des tendresses!... et puis des rires!... et elle dansait, et elle déchirait ses falbalas: jamais singe ne fit plus de gambades, de grimaces, de diableries. Quand elle eut repris son sérieux: «Écoute, me dit-elle, il s'agit de l'Égypte. Je veux qu'il me mène à Ronda, où j'ai une soeur religieuse... (Ici nouveaux éclats de rire.) Nous passons par un endroit que je te ferai dire. Vous tombez sur lui: pillé rasibus! Le mieux serait de l'escoffier; mais, ajouta-t-elle avec un sourire diabolique qu'elle avait dans de certains moments, et se sourire-là, personne n'avait alors envie de l'imiter, - sais-tu ce qu'il faudrait faire? Que le Borgne paraisse le premier. Tenez-vous un peu en arrière; l'écrevisse est brave et adroit: il a de bons pistolets... Comprends-tu?...» Elle s'interrompit par un nouvel éclat de rire qui me fit frissonner.
«Non, lui dis-je: je hais Garcia, mais c'est mon camarade. Un jour peut-être je t'en débarrasserai, mais nous règlerons nos comptes à la façon de mon pays. Je ne suis Égyptien que par hasard; et, pour certaines choses, je serai toujours franc Navarrais, comme dit le proverbe.»
Elle reprit: «Tu es un bête, un niais, un vrai payllo. Tu es comme le nain qui se croit grand quand il a pu cracher loin [1]. Tu ne m'aimes pas, va-t'en.»
Quand elle me disait: «Va-t'en», je ne pouvais m'en aller. Je promis de partir, de retourner auprès de mes camarades et d'attendre l'Anglais; de son côté, elle me promit d'être malade jusqu'au moment de quitter Gibraltar pour Ronda. Je demeurai encore deux jours à Gibraltar. Elle eut l'audace de me venir voir déguisée dans mon auberge. Je partis; moi aussi j'avais mon projet. Je retournai à notre rendez-vous, sachant le lieu et l'heure où l'Anglais et Carmen devaient passer. Je trouvai le Dancaïre et Garcia qui m'attendaient. Nous passâmes la nuit dans un bois auprès d'un feu de pommes de pin qui flambait à merveille. Je proposai à Garcia de jouer aux cartes. Il accepta. À la seconde partie, je lui dis qu'il trichait; il se mit à rire. Je lui jetai les cartes à la figure. Il voulut prendre son espingole; je mis le pied dessus, et je lui dis: «On dit que tu sais jouer du couteau comme le meilleur jaque de Málaga, veux-tu t'essayer avec moi?» Le Dancaïre voulut nous séparer. J'avais donné deux ou trois coups de poing à Garcia. La colère l'avait rendu brave; il avait tiré son couteau, moi le mien. Nous dîmes tous deux au Dancaïre de nous laisser place libre et franc jeu. Il vit qu'il n'y avait pas moyen de nous arrêter, et il s'écarta. Garcia était déjà ployé en deux comme un chat prêt à s'élancer contre une souris. Il tenait son chapeau de la main gauche pour parer, son couteau en avant. C'est leur garde andalouse. Moi, je me mis à la navarraise, droit en face de lui, le bras gauche levé, la jambe gauche en avant, le couteau le long de la cuisse droite. Je me sentais plus fort qu'un géant. Il se lança sur moi comme un trait; je tournai sur le pied gauche, et il ne trouva plus rien devant lui; mais je l'atteignis à la gorge, et le couteau entra si avant, que ma main était sous son menton. Je retournai la lame si fort qu'elle se cassa. C'était fini. La lame sortit de la plaie lancée par un bouillon de sang gros comme le bras. Il tomba sur le nez raide comme un pieu. «Qu'as-tu fait? me dit le Dancaïre. - Écoute, lui dis-je: nous ne pouvions vivre ensemble. J'aime Carmen, et je veux être seul. D'ailleurs, Garcia était un coquin, et je me rappelle ce qu'il a fait au pauvre Remendado. Nous ne sommes plus que deux, mais nous sommes de bons garçons. Voyons, veux-tu de moi pour ami, à la vie à la mort?» Le Dancaïre me tendit la main. C'était un homme de cinquante ans. «Au diable les amourettes! s'écria-t-il. Si tu lui avais demandé Carmen, il te l'aurait vendue pour une piastre. Nous ne sommes plus que deux, comment ferons-nous demain? - Laisse-moi faire tout seul, lui répondis-je. Maintenant je me moque du monde entier.»
Nous enterrâmes Garcia, et nous allâmes placer notre camp deux cents pas plus loin. Le lendemain, Carmen et son Anglais passèrent avec deux muletiers et un domestique. Je dis au Dancaïre: «Je me charge de l'Anglais. Fais peur aux autres, ils ne sont pas armés.» L'Anglais avait du coeur. Si Carmen ne lui eût poussé le bras, il me tuait. Bref, je reconquis Carmen ce jour-là, et mon premier mot fut de lui dire qu'elle était veuve. Quand elle sut comment cela s'était passé: «Tu seras toujours un lillipendi! me dit-elle. Garcia devait te tuer. Ta garde navarraise n'est qu'une bêtise, et il en a mis à l'ombre de plus habiles que toi. C'est que son temps était venu. Le tien viendra. - Et le tien, répondis-je, si tu n'es pas pour moi une vraie romi. - À la bonne heure, dit-elle; j'ai vu plus d'une fois dans du marc du café que nous devions finir ensemble. Bah! arrive qui plante.» Et elle fit claquer ses castagnettes, ce qu'elle faisait toujours quand elle voulait chasser quelque idée importune. On s'oublie quand on parle de soi. Tous ces détails-là vous ennuient sans doute, mais j'ai bientôt fini. La vie que nous menions dura assez longtemps.
Comentaires :
1. - (proverbe bohémien): La promesse d'un nain, c'est de cracher loin.
Lexique:
une sierra Terme désignant une chaîne de montagnes dans les pays où l'o parle espagnol
falbalas – Or nement de mauvais goût
pillé – Dépouillé avec violence de ses biens ; maraudé
rasibus - {familier} Tout contre, tout près, au ras.
escoffier – argot « tuer »
égyptien - gitan
un niais – un sot, un inexpérimenté
payllo – qui n’est pas bonhémien
un nain De très petite taille
pommes de pin – шишка
espingole - Vx. gros fusil court à canon évasé
un jaque – (espagnol) забияка
garde - защита
un trait - flèche, carreau d'arbalète
un pieu - pièce de bois ou de métal pointue
un coquin - – personne sans scrupules, capable d’actions malhonnêtes
avoir du coeur – Courage, audace
du marc – кофейная гуща (для гадания)
arrive [или vienne] qui plante - а там, что Бог пошлет
importun(e) - qui déplaît, qui ennuie

Devoirs :
1.     Lire et traduire le texte (par ecrit)
2.     Formulez des questions sur les idees principales du texte et posez-les à vos camarades de groupe ( autocontrôle)
3.     Quel problème psycologique est posé dans ce texte ? Comment ce problème est lié au thème d amour ?
4.     Quels sentiments ressent-on à la lecture de ce texte ?
5.     Faites le regroupement lexical du texte suivant deux  thèmes : lui et elle
6.     Comment est le rôle des dialectismes dans ce texte ?
Указания студентам:
1.     Задания 1, 2, 5 выполняются письменно в тетрадях и обсуждаются в группе ( староста делает отчет)
2.     Задания 3, 4.6  выполняются письменно и присылаются для оценивания преподавателю.

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