четверг, 11 февраля 2021 г.

12 февраля 4 к

12 февраля 2021 интерпретация текста  4 к

Самостоятельная работа:

Задание № 1. Analysez la description d’apres les caracteristiques données et argumentez par les citations du texte :

La "description" est la représentation d'objets, de lieux, de person­nages ; dans ce dernier cas, on parle de "portrait".
1)   La description et la durée du récit :  
la description objective : constitue une "pause" qui informe le lecteur (focalisation zéro).
la description subjective : est intégrée dans l'action ; le texte révèle du monde ce qu'en découvre le héros (focalisation interne).
2)   Les différentes fonctions de la description : 
         A) Les fonctions esthétiques :

Fonction décorative : ornement du récit, sans deuxième niveau de lecture.

Fonction poétique : la beauté de la description tient plus au mode d'écriture qu'au sujet décrit.

B) La fonction réaliste : les détails donnent un effet de réel, contribuent à créer l'illusion réaliste (ou référentielle). 
         C) Les fonctions explicatives :

Fonction explicative : la description donne des informations utiles pour la compréhension de l'histoire, pour la suite de l'action ; portraits et descriptions servent à justifier les réactions  des personnages...

Fonction expressive : la description traduit les états d'âme du locuteur. Ex. : descriptions romantiques...
Fonction symbolique (ou "fonction emblématique" de l'espace, Goldenstein p. 97) : la description agit comme un révélateur du personnage, de son milieu...

Fonction narrative (ou "diégétique", du grec "di-êgeisthai", raconter en détail) : la narration annonce certains éléments de l'histoire. Ex. : Electre et la description du palais dans la pièce de Giraudoux ; la représentation des aventures de Télémaque dans la salle à manger, au début du Père Goriot ...

Texte : (Le 10 octobre, le magasin le Bonheur des Dames a procédé à la grande mise en vente des nouveautés d’hiver. Mouret a gagné son pari. La recette s’élève à 87 742,10 francs. Au moment de la fermeture, le magasin ressemble à un champ de bataille. Cet extrait deAu Bonheur des Dames est caractéristique d’un paradoxe qui travaille l’écriture de Emile Zola : la volonté naturaliste d’épuiser le réel, en le nommant et en le répertoriant, s’infléchit en une rhétorique de la prolifération qui donne à l’univers matériel une vie qu’anime un souffle épique.)

Lentement, la foule diminuait. Des volées de cloche, à une heure d'intervalle, avaient déjà sonné les deux premières tables du soir ; la troisième allait être servie, et dans les rayons, peu à peu déserts, il ne restait que des clientes attardées, à qui leur rage de dépense faisait oublier l'heure. Du dehors ne venaient plus que les roulements des derniers fiacres, au milieu de la voix empâtée de Paris, un ronflement d'ogre repu, digérant les toiles et les draps, les soies et les dentelles, dont on le gavait depuis le matin. A l'intérieur, sous le flamboiement des becs de gaz, qui, brûlant dans le crépuscule, avaient éclairé les secousses suprêmes de la vente, c'était comme un champ de bataille encore chaud du massacre des tissus. Les vendeurs, harassés de fatigue, campaient parmi la débâcle de leurs casiers et de leurs comptoirs, que paraissait avoir saccagés le souffle furieux d'un ouragan. On longeait avec peine les galeries du rez-de-chaussée, obstruées par la débandade des chaises ; il fallait enjamber, à la ganterie, une barricade de cartons, entassés autour de Mignot ; aux lainages, on ne passait plus du tout, Liénard sommeillait au-dessus d'une mer de pièces, où des piles restées debout, à moitié détruites, semblaient des maisons dont un fleuve débordé charrie les ruines ; et, plus loin, le blanc avait neigé à terre, on butait contre des banquises de serviettes, on marchait sur les flocons légers des mouchoirs. Mêmes ravages en haut, dans les rayons de l'entresol : les fourrures jonchaient les parquets, les confections s'amoncelaient comme des capotes de soldats mis hors de combat, les dentelles et la lingerie, dépliées, froissées, jetées au hasard, faisaient songer à un peuple de femmes qui se serait déshabillé là, dans le désordre d'un coup de désir ; tandis que, en bas, au fond de la maison, le service du départ, en pleine activité, dégorgeait toujours les paquets dont il éclatait et qu'emportaient les voitures, dernier branle de la machine surchauffée. Mais, à la soie surtout, les clientes s'étaient ruées en masse ; là, elles avaient fait place nette ; on y passait librement, le hall restait nu, tout le colossal approvisionnement du Paris-Bonheur venait d'être déchiqueté, balayé, comme sous un vol de sauterelles dévorantes. Et, au milieu de ce vide, Hutin et Favier feuilletaient leurs cahiers de débit, calculaient leur tant pour cent, essoufflés de la lutte. Favier s'était fait quinze francs, Hutin n'avait pu arriver qu'à treize, battu ce jour-là, enragé de sa mauvaise chance. Leurs yeux s'allumaient de la passion du gain, tout le magasin autour d'eux alignait également des chiffres et flambait d'une même fièvre, dans la gaieté brutale des soirs de carnage. (Au Bonheur des Dames - Emile Zola - Extrait du chapitre 4)

Задание №2. Determinez le statut du narrateur  et le caracterisez par les faits du texte:

  Auteur, scripteur et narrateur : 
Auteur: L'"auteur" est la personne réelle qui vit ou a vécu (ex.: J.B. Poquelin, Henri Beyle, Jean Bruller...)
Scripteur : Le "scripteur" est le producteur de l'écrit, l'homme de lettres, qui prend parfois un pseudonyme                     (Ex.: Molière, Stendhal, Ver­cors...)
Narrateur : Il est celui qui raconte l'histoire ; c'est un personnage inventé par l'auteur pour remplir ce rôle.

3)  Le statut du narrateur : Qui parle ? Qui voit ?
A) La position du narrateur : qui raconte ?

Le narrateur extérieur au récit

a) le narrateur signale sa présence : le "récit" laisse place au "discours", des indices d'énonciation    apparaissent (pronom "je", "vous", modalisateurs, opinion personnelle). Ex. : Stendhal, Balzac...

b)      le narrateur semble absent : les marques du "discours" n'apparaissent que dans les dialogues, les indices d'énonciation sont absents. Ex. : Flaubert, Zola ...

Le narrateur-personnage récit à la 1ère personne
a) le narrateur raconte sa propre histoire. Ex. : Musset...

b) le narrateur raconte des faits dont il a été témoin. Ex. : Le Grand Meaulnes ...

B) Le point de vue narratif (ou) focalisation : qui voit ?

Point de vue omniscient : Le lecteur sait tout, il a accès à la psychologie des personnages grâce à un narrateur qui est "omniscient" et dont le savoir et les possibilités de perception sont illimités.
Point de vue interne : Le lecteur n'a accès qu' à la psychologie d'un personnage et aux actes de tous les autres personnages que voit celui-ci.

Point de vue externe : Le lecteur n'a accès qu'aux actes des personnages ; le narrateur est témoin, son savoir et ses possibilités de perception sont limités.
Текст:

Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
  Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
  Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra ; je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été: j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur au pied de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : Je fus meilleur que cet homme-là.

(“Confessions”  de J.J. Rousseau )



 

11 февраля задание для магистров

 

Determinez le statut du narrateur  et le caracterisez par les faits du texte:

  Auteur, scripteur et narrateur : 
Auteur: L'"auteur" est la personne réelle qui vit ou a vécu (ex.: J.B. Poquelin, Henri Beyle, Jean Bruller...)
Scripteur : Le "scripteur" est le producteur de l'écrit, l'homme de lettres, qui prend parfois un pseudonyme                     (Ex.: Molière, Stendhal, Ver­cors...)
Narrateur : Il est celui qui raconte l'histoire ; c'est un personnage inventé par l'auteur pour remplir ce rôle.

3)  Le statut du narrateur : Qui parle ? Qui voit ?
A) La position du narrateur : qui raconte ?

Le narrateur extérieur au récit

a) le narrateur signale sa présence : le "récit" laisse place au "discours", des indices d'énonciation    apparaissent (pronom "je", "vous", modalisateurs, opinion personnelle). Ex. : Stendhal, Balzac...

b)      le narrateur semble absent : les marques du "discours" n'apparaissent que dans les dialogues, les indices d'énonciation sont absents. Ex. : Flaubert, Zola ...

Le narrateur-personnage récit à la 1ère personne
a) le narrateur raconte sa propre histoire. Ex. : Musset...

b) le narrateur raconte des faits dont il a été témoin. Ex. : Le Grand Meaulnes ...

B) Le point de vue narratif (ou) focalisation : qui voit ?

среда, 10 февраля 2021 г.

11 февраля Магистры 1 к ФО

 

11. февраля 2021   Магистры 1 к ФО

1.     L analyse complexe du texte :

Albert Camus   « La chute»

Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route après une hésitation...
J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtais net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement. Le silence qui suivit, dans la nuit soudain figée, me parut interminable. [...]

    Croyez-moi, les religions se trompent dés l'instant qu'elle font de la morale et qu'elles fulminent des commandements. Dieu n'est pas nécessaire pour créer la culpabilité, ni punir. Nos semblables y suffisent, aidés par nous-mêmes. Vous parliez du Jugement dernier. Permettez-moi d'en rire respectueusement. Je l'attends de pied ferme : j'ai connu ce qu'il y a de pire, qui est le jugement des hommes. Pour eux, pas de circonstances atténuantes, même la bonne intention est imputée à crime. Avez-vous au moins entendu parler de la cellule des crachats qu'un peuple imagina récemment pour prouver qu'il était le plus grand de la terre ? Une boîte maçonnée où le prisonnier se tient debout, mais ne peut pas bouger. La solide porte qui le boucle dans sa coquille de ciment s'arrête à hauteur de menton. On ne voit donc que son visage sur lequel chaque gardien qui passe crache abondamment. Le prisonnier, coincé dans la cellule, ne peut s'essuyer, bien qu'il lui soit permis, il est vrai, de fermer les yeux. Eh bien ça, mon cher, c'est une invention d'hommes. Ils n'ont pas eu besoin de Dieu pour ce petit chef-d'oeuvre. [...]

    Dans la solitude, la fatigue aidant, que voulez-vous, on se prend volontiers pour un prophète. Après tout, c'est bien là ce que je suis, refugié dans un désert de pierres, de brumes, et d'eaux pourries, prophète vide pour temps médiocres, Élie sans messire, bourré de fièvre et d'alcool, le dos collé à cette porte moisie, le doigt levé vers un ciel bas, couvrant d'imprécations des hommes sans loi qui ne peuvent supporter aucun jugement. Car ils ne peuvent le supporter, très cher, et c'est toute la question. Celui qui adhère à une loi ne craint pas le jugement qui le replace dans un ordre auquel il croit. Mais le plus haut des tourments humains est d'être jugé sans loi. Nous sommes pourtant dans ce tourment. Privés de leur frein naturel, les juges, déchaînés au hasard, mettent les bouchées doubles. Alors, n'est-ce pas, il faut bien essayer d'aller plus vite qu'eux. Et c'est le grand branlebas. Les prophètes et les guérisseurs se multiplient, ils se dépêchent pour arriver avec une bonne loi, ou une organisation impeccable, avant que la terre ne soit déserte. Heureusement, je suis la fin et le commencement, j'annonce la loi. Bref, je suis juge-pénitent. [...]

    Prononcez vous-même les mots qui, depuis des années, n'ont cessé de retentir dans mes nuits, et que je dirai enfin par votre bouche : "Ô jeune fille, jette-toi encore dans l'eau pour que j'aie une seconde fois la chance de nous sauvez tous les deux !" Une seconde fois, hein, quelle imprudence ! Supposez, cher maître, qu'on nous prenne au mot ? Il faudrait s'exécuter.
Brr...! l'eau est si froide ! Mais rassurons-nous ! Il est trop tard, maintenant, il sera toujours trop tard. Heureusement !

Lexique :

S’abattre- être renversé

Fulminer – entrer dans une violente colère

Le crachat – salive

La cellule – la cavité ,ротовая полость

Prophète (m) – personne qui prédit l’avenir

Branlebas (m) – agitation désordonnée 

juge-pénitent – судья наказующий

 

 

 

11 февраля МК и французская литература

 

11 февраля 2021

МК и французская литература,  3 к

Модуль 1. Французская литература от эпохи средневековья до эпохи Просвещения

Целью изучения данного модуля является овладение студентами знаниями о формировании литературных направлений средневековья.

Тема 1. Le Moyen Âge (476-1453 ) et la litterature française (вводная лекция)

Le Moyen Age historique est la période qui s'étend de la chute de l'Empire romain en 476 jusqu'à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.

Le Moyen Age littéraire quant à lui ne débute qu'au milieu du XIème siècle avec les premières Chansons de Geste. C'est pendant cette longue période d'instabilité que naissent notre langue et notre littérature...

Dans toute l'Europe, le latin demeure la langue écrite. Elle est le véhicule des contacts et des échanges entre les différents pays. La littérature latine du Moyen Age est riche de poésies, de récits de pèlerinages, des vies de saints, d'écrits historiques, d'épopées et d'écrits religieux. Cette littérature subsiste au moment où les premières grandes œuvres en langue française apparaissent.

Le Moyen Âge est la période par excellence des "enfances" de la littérature française.Aux XIIe et XIIIe siècles, notamment, sont inventés l'essentiel des genres poétiques et narratifs français, qui voient le jour avec une grande fraîcheur mais également beaucoup d'éclat : très souvent les premiers textes conservés dans chaque genre sont des chefs d'oeuvre accomplis, tels la Chanson de Roland, les romans de Chrétien de Troyes ou les poèmes de Guillaume d'Aquitaine. Même si les genres littéraires ne sont pas encore strictement codifiés, leurs enfances sont aussi marquées par une grande attention pour les formes. L'une des caractéristiques fondamentales de l'art poétique médiéval est la technicité dans la recherche du "style". La conception médiévale de l'originalité et donc de la notion d'auteur est très différente de celle d'aujourd'hui. Les écrivains n'essaient pas de se démarquer, mais d'intégrer au mieux la tradition, de réécrire des textes antérieurs, d'en rassembler des éléments épars. Les préoccupations affectives importent beaucoup moins que l'intervention formelle. Leur souci n'est aucunement l'expression de sentiments ou d'idées personnels, le thème même n'est qu'un prétexte. Il leur importe de renouveler non les motifs, mais la forme : le sujet c'est l'oeuvre elle-même. Ils semblent pleinement conscients de la nécessité, dans toute création artistique, d'introduire un écart rhétorique qui est l'indice d'un genre et la marque d'un style.

Cette époque comprend dix siècles. Elle est donc marquée par de nombreux changements, les hommes de l’an 500 étant fort différents de ceux de l’an 1450.
Selon les historiens, trois événements majeurs ont marqué le Moyen Âge :
• l'émergence des pays et des peuples européens ;
• le développement des villes ;
• la naissance de l'université.

La fin de l’Empire romain d’Occident marque le début du Moyen Âge. Les Goths, les Vandales et les Huns envahissent Rome. Les villes romaines, avec leur système d'aqueducs et d'égouts, sont pillées, ravagées. L'Europe, unifiée autrefois sous l'égide des Césars, se divise en de multiples états indépendants, dont les chefs s'autoproclament rois.

Présentation

La littérature médiévale fait référence à l'ensemble des œuvres littéraires produites en Occident au cours du Moyen Âge (sur la dizaine de siècles qui s'étend de la chute de l'Empire romain — fin du Ve siècle — au début de la Renaissance florentine — fin du XVe siècle).

Cette littérature se compose autant d'œuvres religieuses que séculières, et constitue un champ d'étude riche et complexe. Elle révèle l'existence de nombreuses formes qui contiennent en germe tous les genres littéraires modernes. En raison de sa grande variété et de son étendue dans le temps et l'espace, il est difficile de l'aborder en termes généraux sans d'importantes simplifications, et il est préférable de procéder à son étude par pays/langue et par genre.
La littérature du Moyen Âge est d'abord celle de l'élite féodale et reflète ses idéaux : piété, fidélité et bravoure. Le système féodal structure alors la société et se reflète dans la littérature : les scènes de guerres y sont nombreuses, la foi chrétienne omniprésente. Néanmoins, à partir de la fin du XIIe siècle, les bourgeois obtiennent, grâce à l'essor de la manufacture, des privilèges économiques et juridiques qui concurrencent les pouvoirs seigneuriaux. On voit apparaitre alors de nouvelles formes, plus satiriques comme dans le Roman de Renart, ou plus lyriques comme dans la poésie des XIVe et XVe siècles, héritière de la poésie courtoise.

La plupart des auteurs de cette époque nous sont inconnus ; cet anonymat n'est pas simplement causé par le manque de documents disponibles pour la période, mais aussi par une conception du rôle de l'auteur qui diffère totalement de la conception romantique actuelle. Les auteurs médiévaux se réfèrent très souvent aux antiques et aux Pères de l'Église, et tendent plus à remettre en forme ou à embellir les histoires déjà lues ou entendues qu'à en inventer de nouvelles. Même lorsqu'ils le font, il attribuent fréquemment leur œuvre à un tiers illustre ou imaginaire. On ignore ainsi les noms des auteurs de nombreuses œuvres importantes, notamment pour le Haut Moyen Âge. Le nom des auteurs commence à intéresser le public seulement à partir du XIIe siècle.

Dans leur majorité, les textes conservés sont éloignés de la version originale de l'œuvre, parce qu'ils représentent soit la transcription des textes déclamés ou chantés, soit la copie des textes déjà transcrits. Au cours de la diffusion orale d'une œuvre, la « fidélité » à l'auteur, le plus souvent anonyme, reste très aléatoire. D'autre part, les copistes des monastères se permettent des modifications où bon leur semble. Une fois créés, les textes restent donc ouverts : chaque nouveau conteur ou copiste devient co-auteur en les modifiant selon ses propres goûts ou les goûts du jour.

La littérature médiévale a une réputation médiocre aux XVIe et XVIIe siècles. Au cours de la Renaissance par exemple, elle est traitée de « ténébreuse », d'« obscurantiste », de « barbare ». Au XIXe siècle, les Romantiques la redécouvrent, et l'apprécient à sa juste valeur. Aujourd'hui elle continue d'être lue et réinterprétée. Les mythes qu'elle a créés sont toujours source d'inspiration, comme par exemple celui de Tristan et Iseut, fondateur de la conception de l'amour occidental.

La création littéraire a dû d'abord emprunter la voie de l'oralité. La plupart des oeuvres parvenaient en effet au public par transmission orale. Elles faisaient l'objet de remaniements incessants, tantôt de la part de l'interprète, le jongleur, sorte d'homme-orchestre qui se produit dans les châteaux et sur les places publiques, tantôt de la part du copiste. Ce sont parfois les intellectuels du Moyen Âge, les clercs, hommes d'Église lettrés, qui se font collaborateurs des grands seigneurs pour leur offrir des divertissements plus raffinés. Chrétien de Troyes en est sans doute le plus éminent représentant.


littérature médiévale française

Le premier texte connu de la littérature médiévale française est la Séquence ou Cantilène de sainte Eulalie, probablement écrite entre 881 et 882. C'est en fait, une adaptation en 29 vers d'un poème latin, à vocation religieuse et pédagogique.
Les premiers grands textes de la littérature française datent eux du milieu du Moyen Âge (XIe siècle), époque de développement de l'agriculture et d'expansion démographique après des périodes d'invasions, d'anarchie et d'épidémies.

Les grands genres littéraires

A) la chanson de geste

Héritée des épopées antiques, elle illustre et souvent idéalise la société féodale, dont elle célèbre et met en scène les exploits (le mot gesta désigne en latin les hauts faits accomplis). Une centaine de chansons de geste ont été écrites entre le IXème et le XIIIème siècles, récitées par les trouvères et les troubadours et souvent groupées par cycles : la Geste du roi (Charlemagne), la chanson de Roland et le couronnement de Louis. Les héros sont les chevaliers, en guerre, en tournoi, en croisade, obéissant à un code de l'honneur qui valorise la "prouesse" (fait d'arme), la "largesse" (générosité), le courage, le sens du sacrifice. La chanson de geste exalte un idéal qui constitue une référence morale.

B) la littérature courtoise : les premiers romans

À partir du XIIème siècle, le terme "roman" désigne une oeuvre composée en français. Peu à peu, le terme désigne un genre : un récit écrit en octosyllabes à rimes plates, forme narrative traditionnelle qui s'oppose au décasyllabe et à l'assonance de la chanson de geste par sa brièveté et sa vivacité.

Cette littérature met en scène des personnages héroïques dans un contexte de vie amoureuse régie par un code très strict. Trois types de sujets ont été utilisés : la cour de France (sujets épiques), Rome (sujets antiques) et la cour de Bretagne, (la cour légendaire du roi Arthur). C'est là que se situe l'histoire de Tristan et Iseut, symbole de l'amour éternel. Très imprégnée de sentiment religieux, la littérature courtoise correspond à un idéal moral et s'interroge sur le sens de la vie humaine.

Les chansons de geste ne présenteraient pas tant d'attrait pour nous si elles se bornaient à faire revivre une époque. Les auteurs des épopées médiévales ont créé un univers et défini un idéal de vie et d'action

C) la littérature populaire et bourgeoise

Les fabliaux, à partir du XIIème siècle, rapportent, sous forme de petits récits à morale, des situations comiques ou franchement grossières, qui comportent parfois une leçon de morale.
Le Roman de Renart, lui, utilise les animaux pour critiquer les hommes : c'est une véritable parodie de l'univers épique et courtois, en 100 000 vers !
Enfin les farces, à vocation comique et morale, et les mystères, pièces de théâtre d'inspiration religieuse, rendent le théâtre vraiment populaire à partir des XIVème et XVème siècles. Vers 1460 est représenté un chef d'œuvre théâtral : La farce de Maître Pathelin. d'auteur inconnu.

D) la poésie lyrique

Elle apparaît au XIIème siècle, avec les troubadours, qui créent un mode d'expression raffiné de la thématique amoureuse. Puis elle se développe dans des formes fixes, surtout aux XIVme et XVme siècles, avec en particulier de nombreux rondeaux et ballades. François Villon est le plus célèbre des poètes de cette époque.

E) Les chroniques historiques

Ce sont les premières oeuvres rédigées en prose française ; elles relatent des événements auxquels les auteurs ont eux-mêmes participé. Certes, on est encore loin des méthodes d'investigation historique modernes et le sens critique fait parfois défaut aux auteurs, surtout soucieux de composer des récits, mais ces oeuvres constituent de vivants témoignages des époques décrites. Quelques noms : Joinville, Froissart ou encore Commynes.

Conclusion
Le moyen âge est une période très riche sur les plans artistique et littéraire. Mais il faudra attendre le XIXème siècle pour que cette époque soit redécouverte par les Romantiques et qu'elle reprenne ainsi une place authentique dans l'histoire de la littérature française.
Origine du document

La littérature du Moyen Âge s'exprime d'abord en vers. La prose est rare et n'apparaîtra qu'assez tard. La littérature chantée est en vers, la littérature écrite est en latin.
Les types de littérature en vers sont:

1. l'Épopée
2. le Roman
3. les premières Chroniques
4. les Fabliaux
5. les Satires
6. le Drame primitif


11 февраля 4 к

 

11 февраля 2021. Интерпретация текста 4 к

Преп. Алахвердиева Л.Г.

Аналитическое чтение  Texte « La maison brulee» p.191-197

 Le thème : le rôle du maître dans le destin des élèves

Le but:  savoir formuler les idées sur la manière de l’écrivain d’organiser le texte

LES QUESTIONS  A DISCUTER :

1.      L’analyse du texte

2.       Travail sur  :ex. 21

 

DEVOIR :

1.      Ex. 1, 3,4,5,6 (a,b,c)

2.      Argumentez par écrit  votre point de vue sur : L’avenir de  l’enfant est  l’ oeuvre du professeur

понедельник, 8 февраля 2021 г.

9 февраля 2021 Интерпретация текста 4 к

 

9 февраля 2021.  Интерпретация текста .4 к

Работа по тексту  La maison brullé de R.Rolland

Цель занятия: познакомить студентов с особенностями стиля писателя и его концепцией жизни на примере персонажей текста.

Содержание занятия:

1.      Выявить фонетические особенности построения текста.

2.      Доказать с помощью цитирования текста семантические установки автора, используя упр. 19.

Домашнее задание (на 10 февраля) :№13, №14 и № 15

9 февраля Введение в романскую филологию

Преп. Доцент Алахвердиева Л.Г.
 Модуль 1. Романские языки как объект научного изучения и исторические условия образования романского ареала 
Занятие. 1.Романский мир: ( вводная лекция) 
Цель: познакомить студентов с историей романского мира , закрепить научную терминологию. ЗАДАНИЕ: составить письменно 40 вопросов по теме
  Краткое содержание: В лекции рассматривается понятие «Романский мир» в историческом и пространственно-лингвистическом контексте его формирования. Выявляются аксиологические доминанты и векторы Романского мира как семиотического цивилизационного понятия, сообщаются некоторые сведения о романских языках.
 Основное содержание: Известное в языкознании терминопонятие «Романия» есть устойчивое означивание, на основе латинского корня (от «Roma» ‘Рим’; ср. : фр^оташа; it. Romania; рус. Романия), особого типа реальности. Это понятие прежде всего пространственное и означает «территорию, населенную романскими народами» [Степанов, 2001, с. 285] . «Романскими народами» называют народы, этническая территория которых была завоевана Римом, а сами завоеванные народы претерпели процессы языковой и цивилизационной «романизации», эшелонированные во времени. Романизация подразумевает процессы переустройства уклада жизни по образцу, по правилам, по нормам, по вектору «как в Риме». Осевой линией романизации является распространение и дальнейшая диверсификация в среде завоеванных народов под влиянием фактора «субстрата» и «суперстрата», «разговорной, народной, вульгарной, деревенской латыни» (sermo rusticus, latino volgare), неоднородной по своей природе. Образующиеся на ее основе «романские языки» постепенно укрепляют свою значимость сначала в сфере повседневной жизни, а затем и в других функциональных сферах жизни общества. При этом латинский литературный язык (sermo urbanus) также изначально привносится на завоеванные территории, но с течением времени, функционально ограниченный, он выходит из употребления. Выделяется примерно тысячелетний период постоянного территориального расширения римских завоеваний, подключения к Римской империи все новых территорий в качестве римских «провинций», «городов», поселений, что определяет наличие фрагмента общей истории для данных народов в процессах романизации. следует при этом отметить, что процессы романизации исторически не закончились временными рамками единой Римской империи, но имели продолжение уже в Новое время, при территориальной экспансии романских народов путем завоевания, освоения, заселения ими Нового Света, Африки, других территорий вне европейского континента. по своему происхождению в латинском языке Рима прототип понятия «римский мир» Pax Romana означал «мир, отсутствие войны с Римом», что закрепляло для территорий, включенных в данное состояние мира с Римом, их статус составных частей Римской империи. В этом смысле выражение утвердилось со времен правления Августа, когда на территории Римской империи в течение двухсот лет действительно поддерживался мир. именно в это время выражение Pax Romana приобретает современный концептуальный смысл пространственного единства [Степанов, 2001, с. 286], образованного вокруг единого цивилизационного ядра. Важно то, что в латинском языке Рима специальный термин, обозначавший «территорию» в географическом пространственном смысле, появляется позже, первоначально в форме прилагательного среднего рода в собирательном значении - Romana, romanorum. Данным прилагательным обозначалось «все римское» - нравы, обычаи и т.д. Как уточняет Ю.С.Степанов, собственный термин в значении «территория Римской империи» - Romania - утверждается лишь в поздней латыни . Референциально данное понятие, однако, гораздо шире указанного и осмысливается сегодня как «репрезентанта» исторической, геополититической, цивилизационно-культурологической и лингвистической реальности. Как таковая, она представляет особый интерес для понимания процессов контактирования и длительного сосуществования в едином пространстве - «котле» разных народов и языков во времени и пространстве .
  Романские языки (от лат. romanus — римский), группа родственных языков, относящихся к индоевропейской семье (см. Индоевропейские языки) и происходящих от латинского языка. Общее число говорящих на Р. я. — свыше 400 млн. чел.; государственные языки более 50 стран. Классификация Р. я. вызывает трудности, так как они связаны между собой разнообразными и постепенными переходами. Обычно различают подгруппы: иберо-романскую (испанский, португальский, каталанский, галисийский языки), галло-романскую (французский, провансальский языки), итало-романскую (итальянский, сардинский языки), ретороманскую (см. Ретороманские языки), балкано-романскую (румынский, молдавский, аромунский, мегленорумский и истрорумынский языки) и исчезнувший в 19 в. далматинский язык. Общность Р. я. определяется прежде всего их происхождением из народной латинской речи, распространившейся на территориях, завоёванных Римом, и проявляется в наличии множества слов и грамматических форм, восходящих к народной латыни. В течение своей истории Р. я. испытывали также сильное влияние литературного латинского языка, откуда заимствовались лексика, словообразовательные и синтаксические модели. Это влияние создало вторичную общность Р. я., внесло изменения в их произносительные тенденции, лексическую систему; образовались два слоя лексики: слова, восходящие к народной латыни и фонетически расходящиеся (ср. французский fait, испанский hecho, румынский fapt из лаинского factum), и фонетически близкие слова, взятые из литературного латинского языка (ср. французский facteur, испанский, румынский factor из латинского factor). Для современных Р. я. характерны два рода у существительных и прилагательных, отсутствие склонения (кроме балкано-романской группы), артикль, особые приглагольные местоимения, сложные формы глагола с причастиями прошедшего времени, формы будущего времени и условного наклонения, образованные от инфинитива, широкое использование предложных конструкций и др. В развитии Р. я. выделяется несколько этапов: 1) 3 в. до н. э. — 5 в. — период романизации (замены местных языков народнолататинским языком). Расхождения будущих романских диалектов были предопределены разным временем завоевания областей Римом (Италия — к 3 в. до н. э., Испания — 3 в. до н. э., Галлия — 1 в. до н. э., Реция — 1 в., Дакия — 2 в.), темпами и социальными условиями романизации, диалектными различиями самой латыни, степенью связи провинций с Римом, административным членением империи, влиянием субстрата (языков местного населения — иберов, галлов, ретов, даков и др.). 2) 5—9 вв. — период становления Р. я. в условиях распада Римской империи и образования варварских государств. На романскую речь оказали влияние языки завоевателей (так называемый суперстрат): германцев (вестготов в Испании, франков и бургундов в Галлии, лангобардов в Италии), арабов в Испании и славян на Балканах. К 10 в. определяются границы современной Романии (области распространения Р. я. в Европе); Р. я. начинают осознаваться как языки, отличные от латыни и друг от друга. 3) 10—16 вв. — развитие письменности на Р. я., расширение их социальных функций. Первые памятники на французском языке восходят к 9 в., на итальянском, испанском, сардинском и провансальском — к 10 в., на ретороманских, каталанском, португальском — к 12 в., на румынском — к 16 в. Возникают наддиалектные литературные языки. Структура ряда Р. я. (например, французского) претерпевает значительные изменения. 4) 16—19 вв. — формирование национальных языков, их нормализация, дальнейшее обогащение. Проявляется неравномерность в развитии Р. я.: французский и испанский языки складываются в национальные языки в 16—17 вв. и в дальнейшем расширяют сферу употребления как международные языки, итальянский и румынский становятся национальными языками в 19 в., провансальский (в меньшей степени галисийский) утрачивает свои прежние социальные функции. 20 в. характеризуется дальнейшим развитием литературных Р. я.; в ряде стран идёт движение за упрочение или расширение социальных функций отдельных Р. я. (каталанский в Испании, провансальский во Франции, французский в Канаде и др.). С 16 в. в связи с колониальной экспансией Р. я. распространяются за пределами Европы. «Новая Романия» охватывает Центральную и Южную Америку, некоторые территории в Северной Америке, Африке и др. Образуются местные варианты Р. я. (французский язык Канады, португальский язык Бразилии, испанский язык стран Латинской Америки); возникают креольские языки (на основе французского или португальского языков).

воскресенье, 7 февраля 2021 г.

8 февраля 2021 г. Лингвистическая интерпретация текста 4 курс ФО преп. Алахвердиева Л.Г.

Преп. Доцент  Алахвердиева Л.Г.

3 к 

Модуль 1. Романские языки как объект научного изучения и исторические условия образования романского ареала

Занятие. 1.Романский мир: ( вводная  лекция)

Цель: познакомить студентов с историей романского мира , закрепить научную терминалогию.

 ЗАДАНИЕ:     составить письменно 40 вопросов по теме

Краткое содержание: В лекции  рассматривается понятие «Романский мир» в историческом и пространственно-лингвистическом контексте его формирования. Выявляются аксиологические доминанты и векторы Романского мира как семиотического цивилизационного понятия, сообщаются некоторые сведения о романских языках.
       Основное содержание:
Известное в языкознании терминопонятие «Романия» есть устойчивое означивание, на основе латинского корня (от «
Roma» ‘Рим’; ср. : фр^оташа; it. Romania; рус. Романия), особого типа реальности. Это понятие прежде всего пространственное и означает «территорию, населенную романскими народами» [Степанов, 2001, с. 285] . «Романскими народами» называют народы, этническая территория которых была завоевана Римом, а сами завоеванные народы претерпели процессы языковой и цивилизационной «романизации», эшелонированные во времени.

Романизация подразумевает процессы переустройства уклада жизни по образцу, по правилам, по нормам, по вектору «как в Риме». Осевой линией романизации является распространение и дальнейшая диверсификация в среде завоеванных народов под влиянием фактора «субстрата» и «суперстрата», «разговорной, народной, вульгарной, деревенской латыни» (sermo rusticus, latino volgare), неоднородной по своей природе. Образующиеся на ее основе «романские языки» постепенно укрепляют свою значимость сначала в сфере повседневной жизни, а затем и в других функциональных сферах жизни общества. При этом латинский литературный язык (sermo urbanus) также изначально привносится на завоеванные территории, но с течением времени, функционально ограниченный, он выходит из употребления. Выделяется примерно тысячелетний период постоянного территориального расширения римских завоеваний, подключения к Римской империи все новых территорий в качестве римских «провинций», «городов», поселений, что определяет наличие фрагмента общей истории для данных народов в процессах романизации. следует при этом отметить, что процессы романизации исторически не закончились временными рамками единой Римской империи, но имели продолжение уже в Новое время, при территориальной экспансии романских народов путем завоевания, освоения, заселения ими Нового Света, Африки, других территорий вне европейского континента. по своему происхождению в латинском языке Рима прототип понятия «римский мир» Pax Romana означал «мир, отсутствие войны с Римом», что закрепляло для территорий, включенных в данное состояние мира с Римом, их статус составных частей Римской империи. В этом смысле выражение утвердилось со времен правления Августа, когда на территории Римской империи в течение двухсот лет действительно поддерживался мир. именно в это время выражение Pax Romana приобретает современный концептуальный смысл пространственного единства [Степанов, 2001, с. 286], образованного вокруг единого цивилизационного ядра. Важно то, что в латинском языке Рима специальный термин, обозначавший «территорию» в географическом пространственном смысле, появляется позже, первоначально в форме прилагательного среднего рода в собирательном значении - Romana, romanorum. Данным прилагательным обозначалось «все римское» - нравы, обычаи и т.д. Как уточняет Ю.С.Степанов, собственный термин в значении «территория Римской империи» - Romania - утверждается лишь в поздней латыни .
Референциально данное понятие, однако, гораздо шире указанного и осмысливается сегодня как «репрезентанта» исторической, геополититической, цивилизационно-культурологической и лингвистической реальности. Как таковая, она представляет особый интерес для понимания процессов контактирования и длительного сосуществования в едином пространстве - «котле» разных народов и языков во времени и пространстве .

Романские языки (от лат. romanus — римский), группа родственных языков, относящихся к индоевропейской семье (см. Индоевропейские языки) и происходящих от латинского языка. Общее число говорящих на Р. я. — свыше 400 млн. чел.; государственные языки более 50 стран. Классификация Р. я. вызывает трудности, так как они связаны между собой разнообразными и постепенными переходами. Обычно различают подгруппы: иберо-романскую (испанский, португальский, каталанский, галисийский языки), галло-романскую (французский, провансальский языки), итало-романскую (итальянский, сардинский языки), ретороманскую (см. Ретороманские языки), балкано-романскую (румынский, молдавский, аромунский, мегленорумский и истрорумынский языки) и исчезнувший в 19 в. далматинский язык.

  Общность Р. я. определяется прежде всего их происхождением из народной латинской речи, распространившейся на территориях, завоёванных Римом, и проявляется в наличии множества слов и грамматических форм, восходящих к народной латыни. В течение своей истории Р. я. испытывали также сильное влияние литературного латинского языка, откуда заимствовались лексика, словообразовательные и синтаксические модели. Это влияние создало вторичную общность Р. я., внесло изменения в их произносительные тенденции, лексическую систему; образовались два слоя лексики: слова, восходящие к народной латыни и фонетически расходящиеся (ср. французский fait, испанский hecho, румынский fapt из лаинского factum), и фонетически близкие слова, взятые из литературного латинского языка (ср. французский facteur, испанский, румынский factor из латинского factor). Для современных Р. я. характерны два рода у существительных и прилагательных, отсутствие склонения (кроме балкано-романской группы), артикль, особые приглагольные местоимения, сложные формы глагола с причастиями прошедшего времени, формы будущего времени и условного наклонения, образованные от инфинитива, широкое использование предложных конструкций и др.

  В развитии Р. я. выделяется несколько этапов: 1) 3 в. до н. э. — 5 в. — период романизации (замены местных языков народнолататинским языком). Расхождения будущих романских диалектов были предопределены разным временем завоевания областей Римом (Италия — к 3 в. до н. э., Испания — 3 в. до н. э., Галлия — 1 в. до н. э., Реция — 1 в., Дакия — 2 в.), темпами и социальными условиями романизации, диалектными различиями самой латыни, степенью связи провинций с Римом, административным членением империи, влиянием субстрата (языков местного населения — иберов, галлов, ретов, даков и др.). 2) 5—9 вв. — период становления  Р. я. в условиях распада Римской империи и образования варварских государств. На романскую речь оказали влияние языки завоевателей (так называемый суперстрат): германцев (вестготов в Испании, франков и бургундов в Галлии, лангобардов в Италии), арабов в Испании и славян на Балканах. К 10 в. определяются границы современной Романии (области распространения Р. я. в Европе); Р. я. начинают осознаваться как языки, отличные от латыни и друг от друга. 3) 10—16 вв. — развитие письменности на Р. я., расширение их социальных функций. Первые памятники на французском языке восходят к 9 в., на итальянском, испанском, сардинском и провансальском — к 10 в., на ретороманских, каталанском, португальском — к 12 в., на румынском — к 16 в. Возникают наддиалектные литературные языки. Структура ряда Р. я. (например, французского) претерпевает значительные изменения. 4) 16—19 вв. — формирование национальных языков, их нормализация, дальнейшее обогащение. Проявляется неравномерность в развитии Р. я.: французский и испанский языки складываются в национальные языки в 16—17 вв. и в дальнейшем расширяют сферу употребления как международные языки, итальянский и румынский становятся национальными языками в 19 в., провансальский (в меньшей степени галисийский) утрачивает свои прежние социальные функции. 20 в. характеризуется дальнейшим развитием литературных Р. я.; в ряде стран идёт движение за упрочение или расширение социальных функций отдельных Р. я. (каталанский в Испании, провансальский во Франции, французский в Канаде и др.).

  С 16 в. в связи с колониальной экспансией Р. я. распространяются за пределами Европы. «Новая Романия» охватывает Центральную и Южную Америку, некоторые территории в Северной Америке, Африке и др. Образуются местные варианты Р. я. (французский язык Канады, португальский язык Бразилии, испанский язык стран Латинской Америки); возникают креольские языки (на основе французского или португальского языков).