четверг, 11 февраля 2021 г.

12 февраля 4 к

12 февраля 2021 интерпретация текста  4 к

Самостоятельная работа:

Задание № 1. Analysez la description d’apres les caracteristiques données et argumentez par les citations du texte :

La "description" est la représentation d'objets, de lieux, de person­nages ; dans ce dernier cas, on parle de "portrait".
1)   La description et la durée du récit :  
la description objective : constitue une "pause" qui informe le lecteur (focalisation zéro).
la description subjective : est intégrée dans l'action ; le texte révèle du monde ce qu'en découvre le héros (focalisation interne).
2)   Les différentes fonctions de la description : 
         A) Les fonctions esthétiques :

Fonction décorative : ornement du récit, sans deuxième niveau de lecture.

Fonction poétique : la beauté de la description tient plus au mode d'écriture qu'au sujet décrit.

B) La fonction réaliste : les détails donnent un effet de réel, contribuent à créer l'illusion réaliste (ou référentielle). 
         C) Les fonctions explicatives :

Fonction explicative : la description donne des informations utiles pour la compréhension de l'histoire, pour la suite de l'action ; portraits et descriptions servent à justifier les réactions  des personnages...

Fonction expressive : la description traduit les états d'âme du locuteur. Ex. : descriptions romantiques...
Fonction symbolique (ou "fonction emblématique" de l'espace, Goldenstein p. 97) : la description agit comme un révélateur du personnage, de son milieu...

Fonction narrative (ou "diégétique", du grec "di-êgeisthai", raconter en détail) : la narration annonce certains éléments de l'histoire. Ex. : Electre et la description du palais dans la pièce de Giraudoux ; la représentation des aventures de Télémaque dans la salle à manger, au début du Père Goriot ...

Texte : (Le 10 octobre, le magasin le Bonheur des Dames a procédé à la grande mise en vente des nouveautés d’hiver. Mouret a gagné son pari. La recette s’élève à 87 742,10 francs. Au moment de la fermeture, le magasin ressemble à un champ de bataille. Cet extrait deAu Bonheur des Dames est caractéristique d’un paradoxe qui travaille l’écriture de Emile Zola : la volonté naturaliste d’épuiser le réel, en le nommant et en le répertoriant, s’infléchit en une rhétorique de la prolifération qui donne à l’univers matériel une vie qu’anime un souffle épique.)

Lentement, la foule diminuait. Des volées de cloche, à une heure d'intervalle, avaient déjà sonné les deux premières tables du soir ; la troisième allait être servie, et dans les rayons, peu à peu déserts, il ne restait que des clientes attardées, à qui leur rage de dépense faisait oublier l'heure. Du dehors ne venaient plus que les roulements des derniers fiacres, au milieu de la voix empâtée de Paris, un ronflement d'ogre repu, digérant les toiles et les draps, les soies et les dentelles, dont on le gavait depuis le matin. A l'intérieur, sous le flamboiement des becs de gaz, qui, brûlant dans le crépuscule, avaient éclairé les secousses suprêmes de la vente, c'était comme un champ de bataille encore chaud du massacre des tissus. Les vendeurs, harassés de fatigue, campaient parmi la débâcle de leurs casiers et de leurs comptoirs, que paraissait avoir saccagés le souffle furieux d'un ouragan. On longeait avec peine les galeries du rez-de-chaussée, obstruées par la débandade des chaises ; il fallait enjamber, à la ganterie, une barricade de cartons, entassés autour de Mignot ; aux lainages, on ne passait plus du tout, Liénard sommeillait au-dessus d'une mer de pièces, où des piles restées debout, à moitié détruites, semblaient des maisons dont un fleuve débordé charrie les ruines ; et, plus loin, le blanc avait neigé à terre, on butait contre des banquises de serviettes, on marchait sur les flocons légers des mouchoirs. Mêmes ravages en haut, dans les rayons de l'entresol : les fourrures jonchaient les parquets, les confections s'amoncelaient comme des capotes de soldats mis hors de combat, les dentelles et la lingerie, dépliées, froissées, jetées au hasard, faisaient songer à un peuple de femmes qui se serait déshabillé là, dans le désordre d'un coup de désir ; tandis que, en bas, au fond de la maison, le service du départ, en pleine activité, dégorgeait toujours les paquets dont il éclatait et qu'emportaient les voitures, dernier branle de la machine surchauffée. Mais, à la soie surtout, les clientes s'étaient ruées en masse ; là, elles avaient fait place nette ; on y passait librement, le hall restait nu, tout le colossal approvisionnement du Paris-Bonheur venait d'être déchiqueté, balayé, comme sous un vol de sauterelles dévorantes. Et, au milieu de ce vide, Hutin et Favier feuilletaient leurs cahiers de débit, calculaient leur tant pour cent, essoufflés de la lutte. Favier s'était fait quinze francs, Hutin n'avait pu arriver qu'à treize, battu ce jour-là, enragé de sa mauvaise chance. Leurs yeux s'allumaient de la passion du gain, tout le magasin autour d'eux alignait également des chiffres et flambait d'une même fièvre, dans la gaieté brutale des soirs de carnage. (Au Bonheur des Dames - Emile Zola - Extrait du chapitre 4)

Задание №2. Determinez le statut du narrateur  et le caracterisez par les faits du texte:

  Auteur, scripteur et narrateur : 
Auteur: L'"auteur" est la personne réelle qui vit ou a vécu (ex.: J.B. Poquelin, Henri Beyle, Jean Bruller...)
Scripteur : Le "scripteur" est le producteur de l'écrit, l'homme de lettres, qui prend parfois un pseudonyme                     (Ex.: Molière, Stendhal, Ver­cors...)
Narrateur : Il est celui qui raconte l'histoire ; c'est un personnage inventé par l'auteur pour remplir ce rôle.

3)  Le statut du narrateur : Qui parle ? Qui voit ?
A) La position du narrateur : qui raconte ?

Le narrateur extérieur au récit

a) le narrateur signale sa présence : le "récit" laisse place au "discours", des indices d'énonciation    apparaissent (pronom "je", "vous", modalisateurs, opinion personnelle). Ex. : Stendhal, Balzac...

b)      le narrateur semble absent : les marques du "discours" n'apparaissent que dans les dialogues, les indices d'énonciation sont absents. Ex. : Flaubert, Zola ...

Le narrateur-personnage récit à la 1ère personne
a) le narrateur raconte sa propre histoire. Ex. : Musset...

b) le narrateur raconte des faits dont il a été témoin. Ex. : Le Grand Meaulnes ...

B) Le point de vue narratif (ou) focalisation : qui voit ?

Point de vue omniscient : Le lecteur sait tout, il a accès à la psychologie des personnages grâce à un narrateur qui est "omniscient" et dont le savoir et les possibilités de perception sont illimités.
Point de vue interne : Le lecteur n'a accès qu' à la psychologie d'un personnage et aux actes de tous les autres personnages que voit celui-ci.

Point de vue externe : Le lecteur n'a accès qu'aux actes des personnages ; le narrateur est témoin, son savoir et ses possibilités de perception sont limités.
Текст:

Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
  Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
  Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra ; je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été: j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur au pied de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : Je fus meilleur que cet homme-là.

(“Confessions”  de J.J. Rousseau )



 

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