16 декабря 2021 г.
4 к ИСТОРИЯ ЯЗЫКА
Задание: ознакомиться и выучить лекции:
|
Plan Conference 1. 1. Le rôle de
l'Instruction publique dans l'apprentissage du français CONFERENCE 2. CONFERENCE 3. |
À la fin du XIXe siècle, le français est à peu près tel que nous le
connaissons aujourd'hui. Le vocabulaire a continué de s'enrichir avec le
parlementarisme de la IIIe République (1870-1940) et la
création des partis politiques, la naissance des syndicats, de la grande
finance et du grand capitalisme, la renaissance des sports, l'amélioration des
moyens de transport: apparition de l'avion, de l'automobile, de l'autobus et du
tramway électrique. Les emprunts à l'anglais d'outre-Manche pénètrent
massivement dans la langue française. L'unité linguistique prônée lors de la
Révolution française est en grande partie, car les patois sont
davantage devenus l'affaire des gens plus âgés. Il fallut néanmoins quelques
décennies d'efforts dans les écoles pour tenter de faire disparaître les
«idiomes» parlés par les Français ruraux. Puis, la Première Guerre mondiale
jeta les hommes de France pêle-mêle dans toutes les directions, colonies
comprises. On n'avait jamais vu un tel brassage de populations, qui favorisa
nécessairement l'uniformisation linguistique.
Le XXe siècle a vu l'enseignement du français se
poursuivre dans les anciennes colonies françaises, que ce soit l'Afrique ou les
DOM-TOM, mais où le français est une langue seconde. Dans toutes ces régions
hors de France, le français doit sa présence à l'histoire, c'est-à-dire à la
colonisation. L'internationalisation du français entraîne forcément une
réduction de la mainmise sur la langue française de la part de la France.
Désormais, le français n'appartient plus seulement à la France, surtout depuis
l'affirmation identitaire qui a gagné la Belgique francophone, la Suisse
romande, le Québec, le Nouveau-Brunswick (Acadie) et même la Louisiane.
1 Le rôle de l'Instruction publique dans
l'apprentissage du français
Un peu après le milieu du XIXe siècle (en 1863), on comptabilisait encore 7,5
millions de Français ignorant la «langue nationale» (sur près de 38 millions
d'habitants, soit 20 %). Selon les témoignages de l'époque, les enfants des
villages de province ne retenaient guère le français appris à l'école; cette
langue ne semblait pas laisser plus de trace que le latin n'en laissait à la
plupart des élèves sortis des collèges. Les élèves reparlaient «le patois au logis
paternel».
|
En 1831, dans l'une des lettres des préfets des Côtes-du-Nord et du
Finistère à M. de Montalivet,
ministre de l'Instruction publique, on pouvait lire ce texte sans équivoque
dont le discours semble assez radicalisé:
La France s'est mise à pratiquer ce qu'on appellerait aujourd'hui un
«génocide culturel» plus systématique dans les régions françaises,
particulièrement en Bretagne, singulièrement stigmatisée. Cette directive de
monsieur Auguste Romieu,
sous-préfet de Quimper en 1831, serait considérée au XXIe siècle comme de la pure discrimination:
|
Dans toutes les écoles, la primauté de l'enseignement
est accordée à la langue nationale. Les règlements locaux témoignent de cette
nécessité. Ainsi, tel était le Règlement pour les écoles primaires élémentaires
de l'arrondissement de Lorient, adopté par le Comité supérieur de
l'arrondissement, en 1836 et approuvé par le recteur en 1842:
|
§ 2. Discipline Article 19 Chaque classe
commence et se termine par une prière en français, qui est arrêtée par le
comité local sur proposition du curé. Article 21 Il est défendu aux
élèves de parler breton, même pendant la récréation et de proférer aucune
parole grossière. Aucun livre breton ne devra être admis ni toléré.
S'exprimer en breton et parler "grossièrement" font l'objet de la
même prohibition. |
En 1834, le Comité d'instruction primaire de
l'arrondissement de Brest adoptait un règlement sur les écoles primaires. Selon
l'article 19, le breton pourra seulement être un moyen auxiliaire
d'enseignement:
|
Article 19 Il est interdit aux
instituteurs d'enseigner l'idiome breton; ils pourront seulement se servir de
cette langue pour communiquer avec les enfants qui n'entendraient pas le
français. |
1.1 La mission «civilisatrice» de la France
En 1845, ceux qu'on appellerait aujourd'hui les
«linguicides» ne se taisaient plus! En témoignent ces propos d'un sous-préfet
du Finistère aux instituteurs: «Surtout rappelez-vous, Messieurs, que vous
n'êtes établis que pour tuer la langue bretonne.» Rien de moins, «tuer» la
langue bretonne! À cette époque, on semblait vraiment en vouloir
particulièrement au breton. Ainsi, un secrétaire particulier dans l'entourage
du politicien François Guizot (qui fut ministre de
l'Instruction publique), écrivit ce qui suit en 1841 à propos de la Bretagne :
|
Nous avons presque à civiliser cette province si
belle mais encore si sauvage. [...] Qu'une ligne de chemin de fer soit
construite à travers ce pays, une circulation rapide s'établira, des
populations bretonnes descendront vers la France centrale, et des populations
de provinces plus avancées en civilisation viendront à leur tour visiter la
Bretagne. Un chemin de fer apprendra en dix ans plus de français aux Bretons
que les plus habiles instituteurs primaires [...]. C'est vraiment pitié de ne
point travailler plus activement que nous le faisons à civiliser, à franciser
tout à fait cette belle province à l'entêtement si fier, aux sentiments si
généreux. |
|
|
|
Ce discours sur la mission civilisatrice de la
France sera repris dans toutes les nouvelles colonies, que ce soit en
Indochine, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, à Madagascar, etc. |
||
Voici comment en 1929 Lyautey résumait dans l'Atlas
colonial français la mission civilisatrice et humaniste de la France
dans les colonies:
|
La colonisation, telle que nous l’avons toujours
comprise n’est que la plus haute expression de la civilisation. À des peuples
arriérés ou demeurés à l’écart des évolutions modernes, ignorant parfois les
formes du bien-être le plus élémentaire, nous apportons le progrès,
l’hygiène, la culture morale et intellectuelle, nous les aidons à s’élever
sur l’échelle de l’humanité. Cette mission civilisatrice, nous l’avons
toujours remplie à l’avant-garde de toutes les nations et elle est un de nos
plus beaux titres de gloire |
Bref, offrir au monde le
français, avec la culture qu’il véhicule, était perçu comme un devoir patriotique et
une obligation morale:
le français était imposé comme langue officielle de l'administration coloniale;
les langues indigènes étaient ignorées en tant que langues inférieures.
1.2 La loi Ferry
|
Avec l'adoption de la loi Ferry, qui institua la gratuité de l'école
primaire (1881) et rendit obligatoire (1882) l'enseignement primaire ainsi
que la laïcisation des programmes scolaires (voir le texte de la loi Ferry), le français s'imposa finalement sur tout le territoire de la France et
se démocratisa. L'objectif de Jules Ferry était surtout d'éliminer le clergé
des écoles publiques. Dans les campagnes, certains membres du clergé
encourageaient même l'emploi des patois comme forme de résistance à la
République. On forma des instituteurs laïcs qui furent appelés plus tard «les
hussards noirs de la République», en raison de leur «uniforme», une longue
redingote noire et une casquette plate. Ces instituteurs formés à l'École
normale et vêtus de noir furent considérés comme de véritables «missionnaires
laïcs» répandant dans les campagnes leur idéal de laïcité, de tolérance et du
savoir éclairé. Ils constituaient une véritable «infanterie enseignante»
destinée à démanteler l'école catholique, c'est-à-dire «lutter contre
l'obscurantisme» et «promouvoir les avaleurs républicaines». Les patois ne
purent que difficilement résister aux méthodes de répression et aux
techniques de refoulement, de délation ou d'espionnage, qui marquèrent des
générations d'enfants. |
Parallèlement, Jules Ferry fut un ardent partisan de
l'expansion coloniale française, notamment en Tunisie et à Madagascar. Ses
adversaires politiques le surnommèrent le «Tonkinois». Ferry propose des
mesures d'assimilation afin de franciser les «indigènes» des colonies. Le 28
juillet 1885, Jules Ferry prononça un discours sur «les fondements de la pensée
coloniale» de la Troisième République, ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui
les justifications de l'impérialisme français :
|
Messieurs, je suis confus de faire un appel aussi
prolongé à l'attention bienveillante de la Chambre, mais je ne crois pas
remplir à cette tribune une tâche inutile. Elle est laborieuse pour moi comme
pour vous, mais il y a, je crois, quelque intérêt à résumer et à condenser,
sous forme d'arguments, les principes, les mobiles, les intérêts divers qui
justifient la politique d'expansion coloniale, bien entendu, sage, modérée et
ne perdant jamais de vue les grands intérêts continentaux qui sont les
premiers intérêts de ce pays. [...] Messieurs, il y a un
second point, un second ordre d'idées que je dois également aborder
[...] : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question.
[...] Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire
ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des
races inférieures. [...] Je répète qu'il y a pour les races supérieures
un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de
civiliser les races inférieures. [...] Ces devoirs ont souvent été
méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement quand les
soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans
l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race
supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes
s'acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la
civilisation. |
Tout au cours du XXe siècle et jusque dans les années 1960, les
gouvernements ont adopté pas moins de 40 lois concernant surtout
l'enseignement, la presse, l'administration et l'orthographe. Au début du
siècle, comme la francisation n'allait pas assez vite au gré du ministère de
l'Éducation nationale, les autorités suggérèrent fortement de faire nommer des
instituteurs qui ignoraient tout des parlers locaux.
1.3 Le maintien des patois
Néanmoins, en 1926, le grammairien Ferdinand Brunot (1860-1938),
écrivait dans son Histoire de la langue française que les
patois étaient encore bien vivants dans les campagnes:
|
Au XVIIIe siècle, comme de nos jours, le
patois était chez lui partout où l'on causait au village [...]. À l'heure actuelle, le français est la langue des
villes, le patois la langue des campagnes. |
On se souviendra sans doute des panneaux affichés un
peu partout en Bretagne, que ce soit dans les autobus, les écoles ou autres
lieux publics: «Interdiction de parler breton et de cracher par terre.»
Beaucoup d'enfants furent punis parce qu'ils parlaient breton à l'école: ils
devaient rejeter la langue de leurs parents. Ces procédés ont été heureusement
abandonnés et l'on ne retrouve plus d'affiches contemporaines du genre: «Il est
interdit de cracher par terre et de parler patois.» Mais les patois ne sont pas
disparus pour autant. Il s'agissait, en fait, de techniques d'assimilation que
la France a largement utilisées, au cours du XIXe siècle, dans son empire colonial: au Maghreb, en
Afrique noire, dans l'océan Indien (île de La Réunion) et dans le Pacifique
(Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, etc.).
Il est vrai, sous la IIIe République
(1870-1940), l'école réussit à propager l'enseignement du français de façon
plus efficace, même si le purisme s'est poursuivie durant de longues décennies.
D'abord, l'enseignement du latin fut définitivement abandonné, ce qui a permis
au français de prendre la place accordée au latin. L'accession de toutes les
classes de la société française, y compris les femmes, à l'alphabétisation et à
la scolarisation accéléra la chute des patois au profit de la langue commune.
Il en fut ainsi dans la diffusion des journaux.
2.la Charte européenne des langues régionales ou
minoritaires
|
Les patois français ont changé de nom et, depuis l'Union
européenne, ils sont devenus des «langues régionales» en France, mais non pas
encore des «langues minoritaires». Dans ce monde du «politiquement correct»,
si le terme «dialecte» est de moins en moins employé, le mot «patois» est
quasiment disparu du vocabulaire des politiciens français; ils craignent de
paraître mal en y associant une valeur péjorative. Même si la linguiste Henriette Walter affirme dans Le français
dans tous les sens, qu'«il n'y a aucune hiérarchie de valeur à établir
entre langue, dialecte et patois», tous sont devenus plus prudents avec ces
termes aujourd'hui controversés. Quoi qu'il en soit, pour la plupart des
locuteurs, le mot patois a une connotation de
dévalorisation, sinon c'est le mot «langue» qu'on utiliserait. |
Et la linguiste de préciser ainsi les conditions dans
lesquelles sont apparus les patois:
|
Le latin parlé en Gaule […] s'est diversifié au
cours des siècles en parlers différents. […] Lorsque cette diversification a
été telle que le parler d'un village ne s'est plus confondu avec celui du
village voisin, les linguistes parlent plus précisément de patois. Mais, à
leurs yeux, il n'y a aucune hiérarchie de valeur à établir entre langue,
dialecte et patois. |
Si pour une linguiste comme Mme Walter, il n'existe
aucune hiérarchie de valeur entre les mots «langue», «dialecte» et «patois», il
n'en est pas ainsi pour Monsieur et Madame Tout-le-monde. En effet, pour la
plupart des simples mortels, une hiérarchie s'est établie : la «langue» est
supérieure au «dialecte». Quant au «patois», il est encore associé à un
«langage rudimentaire». Néanmoins, c'est Henriette Walter qui a raison!
2.1 La persistance du discours anti-patois
Cela étant dit, le discours anti-patois est toujours
resté très profond chez les dirigeants politiques français contemporains. Par
exemple, en 1972, Georges Pompidou (1911-1974), alors président de la République,
déclarait au sujet des langues régionales: «Il n'y a pas de place
pour les langues et cultures régionales dans une France qui doit marquer
l'Europe de son sceau.» Il est vrai que, depuis plus de vingt-cinq ans, le
discours sur cet épineux sujet a beaucoup changé dans ce pays, mais pas les
actes. C'est ainsi que François Mitterand (1916-1996),
président de la République de 1981 à 1995, annonçait ses couleurs au sujet
des langues de France, deux mois avant son élection (1981, à
Lorient):
|
Le temps est venu
d'un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une
existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de
l'école, de la radio et de la télévision permettant leur diffusion, de leur
accorder toute la place qu'elles méritent dans la vie publique. |
Toutefois, malgré ce discours à saveur électoraliste,
la situation n'a pas évolué considérablement, car, lors des débats sur le traité
de Maastricht, Robert Pandraud (né en 1928, député
et ancien ministre) déclarait, le 13 mai 1992, qu'il était inutile de faire
apprendre aux enfants des dialectes en lieu et place d'une
langue internationale (lire «l'anglais») :
|
Je rends hommage à l'école laïque et républicaine
qui a souvent imposé le français avec beaucoup d'autorité — il fallait le
faire — contre toutes les forces d'obscurantisme social, voire religieux, qui
se manifestaient à l'époque. Je suis également heureux que la télévision ait
été un facteur d'unification linguistique. Il est temps que nous soyons
français par la langue. S'il faut apprendre une autre langue à nos enfants,
ne leur faisons pas perdre leur temps avec des dialectes qu'ils ne parleront
jamais que dans leur village: enseignons-leur le plus tôt possible une langue
internationale! |
|
Là, nous ne sommes plus en 1850, ni en 1950, mais
dans les années 1990; il faut dire que le député Pandraud a souvent eu des
propos . contestables. Il affirmait, par exemple, que «la peur du gendarme a
toujours été le commencement de la sagesse», prônant ainsi les méthodes
fortes. À en croire les déclarations de la part des personnalités
officielles, les dirigeants français ne doivent se préoccuper que de la
langue française. En mai 1997, Daniel Gauchon, inspecteur de l'Éducation nationale, déclarait
qu'il fallait privilégier la culture et la langue française et non pas
les langues régionales . |
Autrement dit, «privilégier» le français est synonyme
d'exclusion de toute autre langue! On se croirait dans un débat en Amérique
latine pour savoir s'il faut enseigner l'espagnol ou les langues amérindiennes
et, dans l'éventualité où il conviendrait d'enseigner aussi ces
langues, faudrait-il aller jusqu'à les enseigner aux hispanophones? Non, bien
sûr! En France, tout enseignement des langues régionales est considéré
comme facultatif, jamais obligatoire, et il n'est surtout
pas question de les enseigner aux «francophones».
|
Par exemple, les velléités de l'Assemblée de Corse à ce sujet ont vite
été réduites à néant lorsque le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 17
janvier 2002, a donné le feu vert à l'enseignement de la langue corse «dans le cadre
de l'horaire normal des écoles maternelles et élémentaires» de l'île, en
insistant sur le caractère facultatif de cet
enseignement. En réalité, c'est un système courant dans de nombreux
pays: les langues minoritaires ne doivent pas être enseignées à la
majorité. En ce sens, le français, une langue minoritaire au Canada, ne
devrait pas être enseigné aux anglophones dans les écoles de l'Ontario ou du
Nouveau-Brunswick! Pourquoi le français en Ontario et pas l'occitan en
France? Parce que, bine sûr, le français est une langue. Comme le corse,
l'occitan, le franco-provençal, le breton, l'alsacien, etc. Lorsqu'une langue
minoritaire n'est pas enseignée dans un système scolaire, c'est par choix
politique, rien d'autre. Sinon ce sont des prétextes qui servent de
paravent. On peut comprendre l'affiche du parti régionaliste alsacien
Alsace d'abord (ADA). |
2.2 Les droits des langues régionales
Quand on étudie la législation linguistique de la
France, on constate que ce pays a adopté une quantité impressionnante de lois
portant sur les cultures et les langues régionales, sur les collectivités
territoriales et sur la langue française. On compte au moins une douzaine de
lois, une vingtaine de décrets, plus de 40 arrêtés (dont une vingtaine sur la
terminologie) et autant de circulaires administratives. La plupart de ces
textes juridiques traitent avant tout de la langue d'enseignement et
de la terminologie française. Cela signifie que la législation française porte
moins sur les droits linguistiques que sur la promotion de la langue française
considérée du point de vue du code lui-même. Il s'agit là d'une vieille tradition
qui consiste à ignorer les langues régionales dans l'enseignement et l'espace
public.
|
Pour ce qui est des droits des langues régionales,
les textes juridiques n'en parlent d'ailleurs que très peu. Toutefois, la
tendance actuelle est d'élargir le droit à la différence et de reconnaître la
spécificité de ces langues régionales, surtout depuis la signature, le 7 mai
1999, de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.
Après la signature de la Charte
européenne des langues régionales et minoritaires, un communiqué du premier ministre précisait que la
France souscrivait à 39 engagements parmi les 98 proposés par la
Charte. Lors de sa déclaration consignée du 7 mai 1999, le gouvernement
français a justifié sa signature en prenant d'infinies précautions, notamment
au sujet des notions de «protection de minorités» et de «droits collectifs». |
C'est seulement au moment de la ratification de
la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires que
serait précisée la liste des langues concernées — probablement l'alsacien, le breton,
le basque, le catalan, le corse, le flamand, le provençal et l'occitan — ainsi
que les engagements s'appliquant à chacune des langues. Il semble que les
dispositions applicables aux langues régionales seraient «à géométrie
variable». Quoi qu'il en soit, la France n'est pas encore prête à ratifier la
Charte.
|
D'ailleurs, le président français, Nicolas Sarkozy (élu
en 2007), a déclaré être opposé à sa ratification. |
Cependant, M. Sarkozy s'est dit «favorable à ce que le
droit des parents à inscrire leurs enfants dans une classe bilingue français +
langue régionale soit reconnu, dès lors que la demande est suffisante.» Plus
précisément, un enseignement bilingue à la maternelle et au primaire serait «possible» pour
les élèves dont les familles le demandent et dont le nombre est jugé suffisant,
mais il ne pourrait être imposé. Évidemment qu'aucune minorité n'est opprimée,
car juridiquement la notion de «minorité» n'existe pas en France!
Quand des observateurs regardent la France de
l'extérieur, ils ne comprennent pas pourquoi les politiciens français ont
développé une attitude aussi timorée à l'égard de leurs langues régionales,
lesquelles devraient constituer une richesse pour le patrimoine culturel et
linguistique du pays.
En réalité, la classe politique française a toujours
eu peur d'en faire «trop» pour ses langues régionales, l'idéologie des
anciens patois faisant encore partie
de leur culture politique. Pour le moment, les langues régionales demeurent
sans reconnaissance et sans statut officiels. La France, qui prône la diversité
linguistique au sein des organismes internationaux, se montre incapable de la
reconnaître sur son propre territoire. Il semble bien que les dirigeants
français ne soient pas prêts à prendre de tels risques. La tradition
centralisatrice de l'État est depuis fort longtemps trop ancrée dans les
mentalités. De nombreux dirigeants français voient dans la Charte un complot
tramé par Bruxelles pour affaiblir la France . Bref, les dinosaures ne sont pas
encore disparus en France et ils ont la vie dure, et ils mènent la vie dure aux
langues régionales!
Les changements
linguistiques contemporains
Lorsqu'on compare le français du XIXe siècle et celui d'aujourd'hui, force est de
constater qu'il existe un certain nombre de changements, même s'ils paraissent
mineurs par rapport au XVIIIe siècle.
1. La phonétique
Au point de vue phonétique, nous pouvons constater
dans le nord de la France une réduction, voire la quasi-disparition, des
distinctions entre la voyelle [a] antérieure et brève dans patte et
la voyelle postérieure et longue dans pâte, sauf au Québec et hors
de France (les anciennes colonies) où cette différence se maintient encore. De
même, nous pouvons noter une différence mineure entre la voyelle orale [un] dans brun et
la nasale [in] dans brin au profit de la dernière. Il est donc
possible qu'un jour on assiste à des réductions dans les autres voyelles
nasales [an] dans banc et [on] dans bon.
On remarque aussi des influences notables de la
graphie sur la prononciation. Par exemple, des consonnes qui n'étaient pas
prononcées il y a plusieurs décennies ont tendance aujourd'hui à être
prononcées: dompter [don-té], moeurs [meur], août [ou]
et cassis [kasi] ont tendance à devenir [domp-té], [meurss],
août [outt] et [kasiss].
2. La grammaire et la conjugaison
Nous n'indiquerons que certaines tendances, soit les
plus fréquentes. Si le passé simple s'est bien maintenu dans la narration
écrite, il est pratiquement disparu de la langue orale. Des formes telles nous
fûmes, nous connûmes, etc., sont perçues comme nettement
exagérées. C'est encore plus évident avec l'imparfait du subjonctif dans que
nous arrivassions, que vous vous reposassiez, etc., ou avec le
plus-que-parfait dans que nous nous fussions reposés ou
que nous eussions fini. Si les francophones acceptent d'entendre au
théâtre dans Cyrano «il faudrait que je l'amputasse» (en
parlant du nez de Cyrano), ils poufferaient de rire en l'entendant dans une
conversation normale ou dans un discours électoral.
Tout francophone a dû travailler ferme pour apprendre
les fameuses règles du participe passé. On s'attend à voir à l'écrit «les
fautes qu'il a faites», mais à l'oral la tendance est nettement au
non-accord: «les fautes qu'il a fait». Beaucoup de francophones hésitent
entre l'auxiliaire avoir et être dans «je
suis tombé» et «j'ai tombé», «il a tombé» et «il est tombé», etc.
Le futur se fait généralement en ajoutant -era, -ira ou -ra dans il
mange/il mangera, il finit/il finira. Cependant, la langue
orale a tendance à préférer le futur proche dans il va manger et il
va finir ou j'vais y aller. Mais lorsque la négation est
utilisée, le retour au futur normal est quasi systématique: il ne
mangera pas, il ne finira pas et j'irai pas. On
n'entend plus rarement il ne va pas manger, il ne va pas
finir ou je n'vais pas y aller, une question d'économie de
moyens. Quant à la négation elle-même, le ne... a aussi
tendance à disparaître à l'oral dans il mange pas ou il
finit pas.
3. La féminisation des noms de métiers et professions
À la fin du XXe siècle, la féminisation des noms de métiers et
professions a soulevé une autre controverse. Cette autre réforme a commencé à
entrer dans les mœurs françaises avec la décision du ministère de l'Éducation
nationale d'appeler désormais au féminin les noms de métiers et professions
exercés par des femmes relevant de son autorité. Ainsi, toute femme
employée dans ce même ministère, le plus important par le budget et par le
nombre de personnes impliquées en France, sera appelée une inspectrice,
une doyenne, une maîtresse de conférence, une professeur
agrégée, une chef de service.
Le ministère français de l'Éducation nationale était
alors la première administration française à appliquer concrètement une
directive récente du premier ministre prescrivant la féminisation des titres.
C'est l'ancien premier ministre français (Lionel Jospin) qui a semblé regretter
(mars 1998) que la féminisation lancée par l'un de ses prédécesseurs, Laurent
Fabius (en 1984), n'ait pu aboutir. Il avait demandé alors à une commission de
terminologie et de néologie de faire «le point sur l'état de la question»,
notamment «à la lumière des pratiques passées et des usages en vigueur dans
d'autres pays francophones». On pense surtout à la Belgique et au Québec, où
cette question était déjà débattue depuis quelques années.
Or, en France, la féminisation des noms de métiers, de
grades ou de fonctions s'est toujours heurtée à de fortes oppositions,
notamment de la part de l'Académie française qui décide officiellement de ce
qui est conforme à la langue. Au début de l'année 1998, cette noble institution
fondée en 1635, avait lancé une adresse solennelle au président de la
République (alors Jacques Chirac) au sujet de l'appellation Madame la Ministre,
estimant que la fonction des ministres ne leur conférait pas «la capacité de
modifier [...] la grammaire française et les usages de la langue». L'Académie
française avait même déploré l'emploi chez les Québécois des mots une auteure, une
professeure, une écrivaine et chez les Belges une sapeuse-pompière.
La savante Académie a alors affirmé: «Ce n'est pas à la France de donner
l'exemple de semblables déviations, et cela, chez les membres du pouvoir
exécutif.» Évidemment, le français va changer, même contre l'avis de la docte
Académie!
Cette prise de position de l'Académie française avait
suscité un tollé de protestations non seulement au Québec et en Belgique, mais
aussi chez les associations féminines françaises, qui l'avaient jugée
rétrograde. En effet, plusieurs femmes parmi les ministres avaient répliqué
qu'elles tenaient à la féminisation de leur fonction. Contrairement à
l'orthographe, espérons que la féminisation des noms de métiers, de grades ou
de fonctions aura plus de succès. Encore une fois, en matière de langue, la
France semble se montrer frileuse, tant la tradition pèse lourdement.
Cela étant dit, en catimini, une circulaire datée du 6
mars 1998 («Circulaire du 6 mars 1998 relative à la féminisation des noms de
métiers, fonction, grade ou titre») émanant du premier ministre Lionel Jospin invitait
les administrations à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et
fonctions: «Pour accélérer l'évolution en cours, j'ai demandé à la commission
générale de terminologie et de néologie de mener une étude qui, à la lumière
des pratiques passées et des usages en vigueur dans d'autres pays francophones
fera le point sur l'état de la question.»
Finalement, un guide de la féminisation a été
publié en 1999 et portait le titre de Femme, j'écris ton nom... Dans
les faits, la féminisation de ces termes en France apparaît comme un décalque
de l'approche québécoise, mais jamais l'État français ne s'en est vanté. On
peut lire dans le guide ce qui suit (p. 21): «Les règles énoncées ci-dessous
complètent les recommandations formulées dans la circulaire parue au Journal
officiel du 11 mars 1986. Elles suivent de même, dans leur ligne
générale, les propositions émanant de Suisse, du Québec et de Belgique publiées
entre 1991 et 1994.»
4. La question de l'orthographe française
L'enseignement de la langue française manifeste encore
aujourd'hui des signes de conservatisme inévitables dans la mesure où les
réformes de l'orthographe ont toutes avorté, et ce, depuis plus de deux
siècles: l'archaïsme et la complexité du système restent intacts. Les
linguistes dénoncent en vain le caractère arbitraire de l'orthographe, qui ne
correspond plus à la réalité linguistique contemporaine. Pour prendre un seul
exemple, il est tout de même ahurissant de constater que, dans le mot oiseau,
aucun des lettres ne soit effectivement prononcées puisqu'on dit [wazo].
4.1 La crise des langues
L'usager moyen respecte de moins en moins les normes
écrites et hésite à consacrer un temps qu'il croit disproportionné à
l'apprentissage de la langue écrite. Plusieurs voient même, dans le maintien de
l'orthographe actuelle, un moyen de
discrimination sociale. Abstraction faite des prises de position
idéologiques en cette matière, la détérioration de la langue écrite se
généralise et met celle-ci dans une situation critique en France, au Québec, en
Belgique et en Suisse romande.
La «crise des langues» touche aussi d'autres pays
industrialisés comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la
Hongrie, la Chine, la Corée, la Croatie, etc., sans atteindre toutefois des
proportions aussi endémiques que dans les pays francophones, particulièrement
au Québec. Pour le linguiste Alain Rey: «La crise des langues n'est qu'un
aspect de la crise, permanente, des sociétés, et peut-être une manière d'en
masquer en partie la nature essentiellement politique.» Que le problème soit
pédagogique, social ou politique, il faudra bien un jour trouver des solutions.
Après tout, les Italiens, les Espagnols, les Hollandais et les Norvégiens ont
réformé leur orthographe. En France, il aurait fallu s'y mettre dès
le XVIIe ou
au XVIIIe siècle, alors
que peu de gens savaient lire et écrire. Aujourd'hui, plusieurs croient qu'il
est trop tard. Pendant ce temps, les francophones ont mal à leur orthographe.
4.2 La «réforme» avortée de l'orthographe
L'année 1990-1991 a été justement marquée par ce qu'on
a appelé en France «la réforme de l'orthographe». Rappelons donc quelques
faits. En octobre 1989, le premier ministre français de l'époque, M. Michel
Rocard, donnait le mandat au Conseil supérieur de la langue française (dirigé
par M. Bernard Quémada et composé de grammairiens, linguistes, responsables de
l'enseignement, écrivains, éditeurs, etc.) de réfléchir à des modifications
modérées de l'orthographe en vue d'harmoniser les orthographes hésitantes (plusieurs
milliers de mots dans cette situation) et de simplifier le système
d'accentuation. Ce mandat n'avait donné lieu à aucun commentaire.
Le Conseil supérieur présenta en juin 1990, après
consultations et avis favorable de l'Académie française, des propositions
portant sur cinq points. Ces propositions, concernant environ 1500 mots,
portaient essentiellement sur les points suivants:
- le trait d'union, supprimé dans quelques dizaines de
cas (porteclé, chauvesouris, etc., mais faisant son apparition dans les
numéraux au-dessus de cent (deux-cent-un);
- l'accord de certains type de noms composés: des pèse-lettres (un
pèse-lettre), des après-midis, des brises-glaces, etc.;
- l'accent circonflexe du [i] et du [u] supprimé, sauf quelques exceptions;
- les accents: harmonisation pour les verbes en - eler et
- eter (il ruissèle, j'époussète);
- le participe passé de laisser suivi d'un infinitif demeure
invariable.
Les réactions se sont multipliées: des écrivains, des
journalistes et quelques associations d'enseignants ont combattu ces
propositions, soutenus par cinq prix Nobel. Plusieurs furent indignés parce
qu'on remettait en cause le «génie de la langue française». Dès lors, les
académiciens apparurent partagés; le président de la République française
recommanda d'aborder ce problème «avec bon sens et gentillesse». À
l'époque, les médias français ont parlé d'un échec. C'est que, tant que la
moindre modification de l'orthographe française sera considérée comme mettant
en péril l'unité de la Nation française, il n'y aura pas de changement
possible!
4.3. Les «rectifications» orthographiques
Après la publication le 6 décembre du Rapport
du Conseil supérieur de la langue française concernant les
«rectifications de l'orthographe» au Journal officiel sous la
forme d'un document administratif (c'est-à-dire n'ayant aucune portée
contraignante), l'Académie française délibéra de nouveau, confirma son accord
en l'assortissant d'une «période probatoire» devant permettre à l'usage de
s'établir tout en se réservant le droit de revenir sur les rectifications. On
ne parle plus de «réforme», mais de simples «rectifications».
Il est possible, après tout, que la simplification du
pluriel des noms composés et la francisation des noms étrangers aient plus de
chances d'être acceptées. Néanmoins, il semble bien que l'orthographe française
continuera, selon l'expression du linguiste Pierre Encrevé, d'être
«l'instrument d'humiliation favori de l'école française, premier lieu du
contrôle social».
Un autre trait caractéristique de notre époque: la coexistence des normes et des usages français. Alors que jamais le nombre des locuteurs francophones
n'a été aussi élevé et que jamais un aussi grand nombre d'États ne se sont
intéressés au français, l'Autorité traditionnelle semble être morte. L'Académie
française a perdu beaucoup de sa crédibilité et semble être devenue le vestige
d'une époque révolue. Pensons à la réforme avortée de l'orthographe et à la
position controversée sur la féminisation des titres. Aujourd'hui, les nouveaux
«maîtres» de la langue sont davantage les médias et les publicitaires, dont
l'influence est autrement plus considérable que celle des académiciens ou des
terminologues. Dans ces conditions, les normes se modifient au gré des modes et
des régions où l'on parle le français.
Dans chaque région du monde où l'on parle le français,
il s'est développé une prise de conscience de la langue comme instrument
d'identification nationale. Les Wallons, les Suisses romands, les Québécois,
les Acadiens, les Maghrébins, les Sénégalais, les Ivoiriens, les Antillais,
etc., ne veulent pas nécessairement parler «comme les Français». Chaque pays,
voire chaque région, a tendance à cultiver sa propre norme locale, c'est-à-dire
une variété de français qui a conservé un certain nombre de traits originaux.
Il existe des français régionaux un peu partout en France, mais aussi un
français de Wallonie, un français bruxellois, un français québécois, un
français acadien, un français néo-calédonien, etc.
5.1 Belgique, Suisse et Québec
Le français de Belgique constitue une variante régionale du français, et
il est caractérisé par des belgicismes, des wallonismes, des termes bruxellois
locaux (ou brusseleir) et un accent bien particulier. Il en est
ainsi du français de Suisse caractérisé,
outre un accent, par des helvétismes (ou des romandismes) et des germanismes.
Le français du Québec,
comme le français acadien,
se caractérise par ses archaïsmes, ses québécismes (ou acadianismes en Acadie) et
ses anglicismes. Évidemment, les phénomènes liés au climat, au sol et à
certaines réalités locales occasionnent souvent des régionalismes différents
pour les Belges, les Suisses, les Québécois, les Acadiens et les Français.
- Les mots courants
Mentionnons des exemples connus en France (surtout
dans la région de Paris), comme le repas du matin qui s'appelle le petit-déjeuner,
celui du midi, le déjeuner et celui du soir, le dîner,
alors qu'au Québec, en Belgique et en Suisse, on emploie respectivement déjeuner, dîner et souper.
Rappelons qu'en Belgique et en Suisse on dit septante (70)
et nonante (90), tandis qu'en Suisse on privilégiera huitante (au
lieu de octante) dans les cantons de Vaud, du Valais et de
Fribourg, mais quatre-vingts dans les cantons de Genève, de
Neuchâtel et du Jura. Alors qu'on fait du shopping en France,
on magasine au Québec, mais dans les deux cas on peut aussi
«faire des courses». Si les Français «garent» leur voiture dans le parking,
les Québécois «parquent» leur voiture dans le stationnement.
Le scooter des neiges et le jet-ski des
Français deviennent une motoneige et une motomarine pour
les Québécois. Le portable des Français est un cellulaire pour
les Québécois. Si l'on mange des cacahuètes en France, on
mange des arachides ou des peanuts au Québec.
Au véhicule récréatif ou VR des
Québécois, les Français préfèrent le camping car et les
Belges, un mobil-home. De même, on trouve chewing-gum en
France, chique en Belgique et gomme au
Québec. Ce que les Français identifient comme étant des baskets (chaussures
de sport), les Canadiens francophones préfèrent surtout les espadrilles,
bien que dans certaines régions on trouve des runnings et,
plus rarement, des sneakers ou des shoe-claques.
En réponse à un merci, un Français dira de rien, mais
un Québécois répondra par bienvenu et un Belge par s'il
vous plaît. Si l'on fait la queue en Belgique et au
Québec, on fait la file en France! Et il serait possible
d'aligner des centaines d'autres exemples du genre; la comparaison des
anglicismes serait aussi très pertinentes. Voici ci-dessous quelques exemples de
comparaison des régionalismes
|
Belgicismes |
Helvétismes |
Québécismes |
|
athénée: lycée de garçons (parfois mixte) |
automate: distributeur automatique |
abatis: terrain partiellement essouché |
La question des anglicismes est également digne
d'intérêt, car les mots empruntés à la langue anglaise ne sont généralement pas
les mêmes de part et d'autre de l'Atlantique, et ils ne sont pas employés en
même quantité. L'influence de l'anglais n'est pas aussi importante en Europe
qu'elle peut l'être en Amérique du Nord.
- Les anglicismes des Français européens
Les mots empruntés à l'anglais, que ce soit en France,
en Belgique ou en Suisse, sont reliés à des termes à la mode (récente) ou des
domaines très en vogue et en grande partie véhiculés par les médias : baskets («chaussures
de sport»), briefing («exposé verbal»), booker («personne
qui fait des réservations»), camping car («véhicule
récréatif»), charter («vol nolisé»), chewing-gum («gomme
à mâcher»), ferry ou ferry boat («traversier»), e-mail («courriel»), kitchenette («cuisinette»), mountain
bike («vélo de montagne»), parking («parc de
stationnement»), pull («chandail»), pressing («nettoyeur»), sponsor («commanditaire»
ou «mécène»), webmaster («webmestre»), etc. Voici quelques
exemples d'anglicismes employée en France au cours des années 2010.
Étant donné que les Français sont relativement peu en
contact avec des locuteurs de langue anglaise, il y a peu d’anglicismes dans le
registre familier du français hexagonal et périphérique (Belgique et Suisse).
Cependant, ceux-ci sont beaucoup plus présents dans le français professionnel
(commerce, marketing, politique, musique) et ils sont associés à une ouverture
sur le monde et à la modernité. L'anglais fait «bon chic bon genre». Pour
plusieurs raisons, les Français sont peu portés à la francisation des
anglicismes, sans oublier que la plupart de ces anglicismes sont prononcés «à
la française», comme l'atteste le mot ferry boat en
[fe-ri-bo-at] (en anglais: [fè-Ri-bôt]. Les Français se font imposer des mots
anglais par des spécialistes du marketing à Paris, alors que les Québécois,
comme nous le verrons, ont recours aux mots anglais parce qu’ils les entendent
à l'année longue dans leur vie quotidienne; ils finissent par s’introduire dans
leur langue et à prendre une place quasi exclusive.
5.2 Les pays créolophones et l'Afrique
Les régionalismes français n'existent pas seulement au
Québec, en Belgique ou en Suisse. Ils sont nombreux non seulement en France,
mais aussi aux Antilles, en Afrique, dans la région de l'océan Indien (La Réunion,
île Maurice, île Rodrigues) et dans le Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie
et Wallis-et-Futuna).
Dans presque toutes les îles des Caraïbes, les
locuteurs parlent le créole comme langue maternelle, mais le français est la
langue officielle dans plusieurs îles: Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin,
Saint-Barthélemy, Haïti. Or, ces insulaires ont néanmoins créé des
régionalismes français. En Haïti, les régionalismes proviennent du
vieux fonds français ou d'emprunts sémantiques au créole.
|
aller à la commode: aller à la toilette |
cale: petit morceau (de pain, de viande, etc.) |
Comme dans le cas d'Haïti, les régionalismes français de la Martinique et de la Guadeloupe proviennent de la
souche antillaise et créolophone. Là aussi, les archaïsmes français sont
fréquents, mais les constructions populaires abondent également. Si les
Français habitant la Martinique et la Guadeloupe ont tous le français comme
langue maternelle, il y a aussi des Noirs et des Mulâtres qui l'ont adopté,
bien que la plupart des Martiniquais et des Guadeloupéens l'utilisent généralement
comme langue seconde.
|
argent braguette: allocations familiales |
couleuvre: boa |
L'un des effets de la décolonisation a été l'adoption
du français comme langue officielle par de nombreux États africains. Les dirigeants des nouveaux pays
avaient tous une bonne connaissance du français et parfois ils en avaient
adopté l'usage. Le français est donc devenu une langue incontournable dans les
États officiellement francophones où il se sont élaborés des «africanismes».
Dans les pays d'Afrique, les africanismes correspondent
aux régionalismes utilisés en français dans les pays d'Afrique francophone. Les
anciennes colonies françaises du continent africain ont développé un certain
nombre de termes spécifiques utilisés par les élites qui connaissent le
français. Certains termes désignent des réalités régionales et plusieurs
correspondent à des formations populaires. Évidemment, les régionalismes ne
sont pas nécessairement employés par tous les locuteurs parlant français. Rappelons
que pour les Africains d'origine le français n'est utilisé que comme langue
seconde.
|
aller au bord: faire ses besoins dans la nature [au bord de
l'eau] (Côte d'Ivoire) |
chameau: dromadaire (Maroc) |
gagner son mil: gagner son pain (Togo) |
De plus, les régionalismes n'apparaissent pas
seulement dans le lexique, mais aussi dans la phonétique et la grammaire. C'est
ainsi que tous les francophones ont leur accent, même les Français. Cependant,
pour un Québécois, l'«accent français» est souvent confondu avec un accent
«européen», car même un Allemand parlant français pourra être perçu comme ayant
un «accent français»!
Tous ces régionalismes provenant de plusieurs pays francophones
peuvent être appelés francophonismes, et ce, qu'ils soient d'origine française, belge,
suisse, québécoise, acadienne, antillaise, mauricienne ou ivoirienne. Ils
démontrent qu'il y a différentes façons d'employer la langue commune,
c'est-à-dire que plusieurs normes coexistent tout en demeurant du français.
Cela étant dit, les francophones se permettent de
moins en moins d'ignorer la langue commune — le français standard —, mais ils
ne semblent plus hantés par les questions relatives à la «pureté», à la
«distinction» et à la «qualité». La spontanéité et l'aspect fonctionnel
comptent davantage, sans mettre en péril la communication. Un phénomène nouveau
est apparu: la France est certes le berceau historique de la langue française,
mais elle n'en est plus le propriétaire exclusif. Cette langue appartient
maintenant à de nombreux peuples et à plusieurs États qui se partagent cette
langue.
CONFERENCE 3.
La normalisation et la législation linguistique
Notre époque subit l'influence de la suprématie de
l'anglais dans le monde. Le français ne fait pas exception à la règle:
l'industrie du spectacle, les produits industriels, les sciences et les
nouvelles technologies, les moeurs des États-Unis enrichissent la langue. Mais
le français semble réussir convenablement à se protéger contre l'anglais pour
renouveler son lexique en recourant à des organismes linguistiques.
La normalisation et les organismes linguistiques
À l'instar de plusieurs pays, le gouvernement français
a institué de nombreux organismes chargés de créer une terminologie française
et d'assurer la défense et l'expansion de la langue.
En France, l'Académie
française rend obligatoires certains mots nouveaux; le Haut-Comité de la langue
française veille à la qualité de la langue; l'Association française de
terminologie, qui agit conjointement avec l'Office québécois de la langue
française (OQLF) et le Service de la langue française de la Communauté
française de Belgique, s'occupe de néologie en recensant les besoins et en
créant de nouveaux mots.
Depuis 2001, la Délégation
générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), rattachée au ministère français de la
Culture et de la Communication, joue un rôle de réflexion, d'impulsion et de
coordination, en assurant le suivi des dispositifs législatifs et
réglementaires (loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française)
et en s'appuyant sur un réseau d'organismes partenaires (Conseil supérieur de
la langue française, Commission générale de terminologie et de
néologie). La DGLFLF soutient et coordonne l'action des différents acteurs
qui concourent à l'élaboration des néologismes (commission générale de
terminologie et de néologie, Académie française, commissions spécialisées,
ministères partenaires, etc.) et s'emploie à mettre ces ressources à la
disposition du public. De plus, la DGLFLF concourt par son action à la
diffusion de la langue française en Europe et dans le monde.
Par ailleurs, la Délégation générale a maintenant pour
mission de prendre en compte, aux côtés du français, les langues régionales
parce que celles-ci constituent «un patrimoine immatériel vivant et créatif» et
qu'elle sont partie prenante d'une politique en faveur de la diversité culturelle
et linguistique. La DGLFLF contribue à promouvoir et faire connaître le
patrimoine et les productions contemporaines qui s'expriment dans les langues
de France; elle soutient la mise en valeur de ces langues par le théâtre, la
chanson, le livre, et toutes disciplines où la langue est instrument de
création; elle contribue à élargir leur espace d'expression en favorisant leur
emploi dans les champs de la modernité culturelle et technique, comme
l'audiovisuel et le multimédia. Selon la DGLFLF, les langues appelées «langues
régionales» sont celles parlées par des «citoyens français» depuis assez
longtemps sur le territoire national pour faire partie des richesses communes,
comme le flamand, le basque, le corse, les créoles ou le tahitien. Sont appelées
dorénavant «langues minoritaires» les «langues non territoriales» (extérieures
à la France) comme l'arabe dialectal, le romani (tsigane), le berbère ou le
yiddish.
En Belgique, le Service de la langue
française de la Communauté française de Belgique est
chargé de mettre en oeuvre la politique de la langue française en Communauté
française, en collaboration avec le Conseil supérieur de la langue française,
ce dernier étant un organisme consultatif chargé de conseiller le ministre
ayant la langue dans ses attributions sur toute question relative à l'usage et
à la diffusion de la langue française. Depuis sa création, le Service de la
langue française réalise concrètement les tâches qui relèvent d'une politique
de la langue française en Communauté française, notamment l'image du français
auprès des Wallons et des Bruxellois, l'évaluation des compétences écrites des
élèves des deux dernières années du secondaire général, du technique et du professionnel,
les modalités d'enseignement de la grammaire, la situation du français dans les
sciences en Communauté française, la situation du français à Bruxelles, les
besoins et ressources terminologiques en Communauté française de Belgique,
l'identification des normes sociolinguistiques des francophones belges et les
particularités lexicales du français de Belgique dans les langues de
spécialité.
Au Québec, l'Office québécois de la
langue française a pour missions de définir
et de conduire la politique québécoise en matière d'officialisation
linguistique, de terminologie ainsi que de francisation de l'Administration et
des entreprises; de veiller à ce que le français soit la langue habituelle et
normale du travail, des communications, du commerce et des affaires dans
l'Administration et les entreprises; de surveiller l'évolution de la situation
linguistique au Québec et d'en faire rapport tous les cinq ans au ministre;
d'assurer le respect de la Charte de la langue française; de prendre les
mesures appropriées pour assurer la promotion du français. La Charte de la
langue française a institué aussi deux autres organismes: la Commission de
toponymie et le Conseil supérieur de la langue française.
En Suisse, la Délégation à la langue française (DLF) est un organe d'études, de consultation et
de proposition, ainsi que de représentation de la Conférence intercantonale de
l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP). La DLF de
Suisse a pour missions principales d'observer les pratiques et usages de la
langue française en Suisse, en Suisse romande avant tout (fonction
d'observatoire), de formuler des avis sur l'enseignement des langues, du
français en particulier, ainsi que sur les questions générales de politique
linguistique (fonction de service linguistique), de représenter la Suisse
auprès des instances analogues dans les pays de langue française (fonction de représentation,
de coordination et d'information). Outre les rectifications de l'orthographe et
de la féminisation des termes de fonction et métier, la DLF s'occupe aussi des
questions liées à l'image et à la présence du français en Suisse et dans le
monde, à la langue française dans l'information scientifique et dans les
nouvelles technologies, à la place et l'usage du français dans un contexte
plurilingue, etc.
Le Réseau international
de néologie et de terminologie (RINT) est une
organisation internationale vouée au développement terminologique et à la
coopération en matière d'aménagement linguistique. Le Conseil international de la langue française réunit des spécialistes de tous les pays
francophones et publie des travaux terminologiques importants; il coordonne
également le travail de certaines commissions de terminologie. La législation
française interdit même l'emploi exclusif d'une langue étrangère en France dans
la présentation des produits de consommation.
La profusion terminologique gagne la langue commune,
qui présente des traits techniques évidents, voire technocratiques.
Parallèlement, la publicité apporte sa contribution: des mots ou expressions
plus populaires sont diffusés à l'échelle de pays entiers. Bon an mal an, le
français s'enrichit de 60 000 à 70 000 mots nouveaux, provenant de sources
diverses telles que les milieux scientifiques, industriels, commerciaux,
publicitaires et journalistiques. C'est là le signe manifeste du dynamisme de la langue.
La langue officielle et la loi Toubon
Du côté juridique français, les dispositions
constitutionnelles portant explicitement sur la langue étaient inexistantes
jusqu'en 1992. La langue française était la langue officielle de la République
française dans les faits (de facto) parce que cette reconnaissance
n'avait jamais été proclamée ni dans la Constitution de 1958 ni d'ailleurs dans
aucun texte de loi. Cependant, la Loi constitutionnelle no 92-554 du
25 juin 1992 a apporté des modifications à la Constitution française de 1958,
notamment à l'article 2 qui se lit maintenant comme suit: «La langue de la
République est le français.»
|
|
Cette loi, appelée aussi loi Toubon – présentée par le ministre de la
Culture et de la Francophonie Jacques Toubon (gouvernement
Balladur) –, se substitue à la loi du 31 décembre 1975, dont elle
élargit le champ d'application et renforce les dispositions. Cette nouvelle
loi française précise que l'emploi de la langue française est obligatoire dans un certain nombre de
situations et affirme ainsi un droit au français pour les consommateurs, les
salariés, le public. La loi Toubon
précise successivement les conditions dans lesquelles l'emploi du français
est obligatoire afin que les consommateurs, les salariés, les usagers, le
public, soient assurée de comprendre les indications qui leur sont données et
afin que le français soit naturellement la langue dans laquelle se déroulent
les activités qui ont lieu sur le territoire national, notamment
l'enseignement et les émissions de radio et de télévision. Il prévoit que la
présentation en langue française peut toujours être accompagnée d'une
traduction en langue étrangère. |
Le français dans les organisations
internationales
Le traité de Versailles (1919) a marqué la cessation du privilège du français
comme langue diplomatique: il a été rédigé à la fois en anglais et en français.
L'après-guerre a entraîné de profonds changements sociaux par l'urbanisation
généralisée, l'amélioration du niveau de vie des classes ouvrière et rurale, la
force d'organisation des travailleurs. Les classes sociales s'interpénétrèrent
et démocratisèrent la langue.
Il s'agit d'abord de l'organisation la plus
prestigieuse, l'ONU, et des organisations non gouvernementales (ONG) et de la
Francophonie. Ce dernier volet constitue une partie distincte qu'on peut
consulter sous le nom de Francophonie.
7.1 L'Organisation des Nations unies
Au lendemain même de la Seconde Guerre mondiale,
naissait l'organisation-mère, c'est-à-dire l'organisation-modèle de tout le
système international contemporain: l'Organisation des Nations unies,
qui remplaçait la Société des Nations. L'Assemblée générale, lors de sa
première session, le 1er février 1946, adopta la résolution n°
2 portant approbation du Règlement concernant les langues. Celui-ci précise, dans
son article 1er:
|
Dans tous les organismes des
Nations unies autres que la Cour internationale de Justice, le chinois,
l'anglais, le français, le russe et l'espagnol sont les langues officielles. L'anglais
et le français sont les langues de travail. |
Plus tard, on ajouta l'arabe. Voici les organismes des Nations unies où le
français est l'une des langues officielles et l'une des langues de travail:
- Assemblée générale,
New York;
- Conseil de sécurité, New York;
- Conseil économique et social, Genève;
- Conseil de tutelle, New York;
- Cour internationale de Justice, La Haye;
- Secrétariat, New York.
Les grandes organisations internationales
indépendantes de l'ONU
Les organisations indépendantes du système des Nations
unies se recensent par centaines si l'on tient compte notamment non seulement
des institutions et organismes centraux mais également de leurs comités,
offices, bureaux décentralisés. Or, la situation du français y est importante
et particulière.
Le français se voit reconnaître dans la plupart
d'entre elles le statut de langue officielle sans qu'il ne soit fait mention de
langue de travail. Tel est le cas à la Commission des Communautés européennes
(neuf langues officielles: français, allemand, anglais, danois, espagnol, grec,
italien, néerlandais, portugais), à l'OTAN, à l'OCDE, au Conseil de l'Europe, à
l'UEO, à la Commission du Pacifique Sud, à l'OIPC-INTERPOL, à la BERD, à l'OEA,
à l'OUA. Dans toutes ces organisations, le statut de langue officielle
entraîne, juridiquement parlant, le statut de langue de travail au sens indiqué
ci-dessus. À l'OCTI, le français est dit langue de travail, ce qui correspond
au double statut. À l'inverse, à l'INTELSAT et à l'INMARSAT, le français est
langue officielle mais n'est pas admis, comme à l'AIEA et à la Banque
interaméricaine de développement, à titre de langue de travail.
De plus, le statut d'une langue peut changer. C'est
ainsi que, en décembre 2009, le secrétaire général de la Francophonie, Abdou
Diouf, disait regretter «l'effacement du français dans les organisations
internationales», alors qu'il est «la
deuxième langue la plus enseignée dans le monde». Selon Abdou Diouf»: «La
langue française est dans une situation ambiguë. Cette langue progresse, elle
est la deuxième langue la plus enseignée dans le monde, le nombre de locuteurs
augmente, la demande de français sur tous les continents augmente et
paradoxalement nous assistons à l'effacement du français dans les organisations
internationales», a-t-il précisé, citant l'exemple de la Conférence de
Copenhague sur le réchauffement climatique (décembre 2009). C'est pourquoi il a
recommandé aux différents responsables des pays francophones de ne pas «se
laisser entraîner vers l'expression dans une autre langue». Évidemment, il
s'agit de l'anglais.
DONC. le français contemporain est le résultat d'une
évolution divergente. D'une part, l'orthographe, la syntaxe fondamentale et la
morphologie n'ont guère changé depuis deux siècles, probablement parce que les
usagers n'en ont pas ressenti le besoin. D'autre part, la phonétique et le
lexique ont subi de profondes transformations, alors que les différences
phonologiques ont encore tendance à se réduire depuis le début du siècle, le
vocabulaire est devenu de plus en plus complexe.
Contrairement aux siècles passés, du moins dans les
pays de langue maternelle française (France, Belgique, Suisse, Québec), le
français n'est plus l'apanage des classes privilégiées ni même l'affaire
uniquement de la France. Toutes les couches de la population s'expriment
maintenant dans une même langue et avec le minimum d'aisance nécessaire, tout
en maintenant des différences locales. Il est possible que ce phénomène s'accentue
en même temps que se maintiendront et se développeront différentes variétés de
français à l'extérieur de la France. Lorsque l'unité linguistique est atteinte,
il n'est plus nécessaire de poursuivre une uniformisation minutieuse. Mais
aujourd'hui, maintenant que le français comme langue maternelle n'a jamais été
aussi vivant, il doit relever le défi de hausser son statut comme langue
seconde sur le plan international et faire face à la concurrence étrangère,
principalement l'anglais.
Комментариев нет:
Отправить комментарий